Publié le samedi 7 août 2010 à 12:00, mis à jour le 14 mai 2012 à 15:34

New Beetle Bio-Bug : la voiture qui carbure au méthane !

New Beetle Bio-Bug : la voiture qui carbure au méthane !

Une fois n’est pas coutume, l’écologie a un fond de discours humoristique, bien que légèrement scatologique. Et pour cause, la Bio Bug, modèle de New Beetle imaginé par la société GENeco carbure aux excréments. Nous ne sommes pas en avril, ce n’est donc pas un poisson d’avril.

Bien que nous convenons qu’il s’agit d’un raccourcis humoristique, il y a là de quoi repenser son attitude par rapport à sa facture d’essence… Et pour une fois, point de discours moralisateur écologiquement correct, nous sommes clairement dans une situation accordant une importance certaine à la vie quotidienne, dans son sens le plus concret.

La New Beetle Bio-Bug est un projet imaginé par les ingénieurs très inventifs de la firme anglaise GENeco, spécialisée dans le développement durable et les déchets organiques. Le modèle proposé a ainsi tout pour plaire aux écolos accrocs aux solutions énergétiques naturelles. Petit cabriolet à moteur 2L, la Bio Bug fonctionne autant au méthane, qu’à l’essence classique.

Pour autant que l’on se souvienne, le méthane c’est le gaz produit par les ruminants, et plus particulièrement par nos vaches laitières, que l’on a un temps, incriminées de pollutions importantes. Que les bovins se rassurent, d’une part ils ne produisent que 16% des émissions globales (contre 12% pour les déchets humains). Et d’autre part, la technologie considère désormais que le méthane est susceptible de faire fonctionner les moteurs thermiques des voitures écologiques.

Grâce aux progrès des ingénieurs spécialisés en combustion propre, la New Beetle Bio Bug fonctionnant au méthane est capable d’égaler ses performances sous gaz ou sous essence, avec une vitesse maximale de 183km/h. Une précision cependant, qui plaira certainement aux propriétaires de Ford Escape à vendre, accrocs aux énergies fossiles, le moteur démarre et chauffe grâce à une combustion d’essence, mais dès qu’il atteint la température souhaitée, il tourne ensuite grâce aux fameux excréments. Le conducteur, lui, ne sent pas la différence. C’est donc un modèle hybride ne fonctionnant pas exclusivement au méthane.

A combien estimer la consommation de déchets ?

La Bio-Bug ne semble pas une gourmande en biogaz, on estime sa consommation à hauteur d’un mètre cube pour 8,5km. Avec un sens de la comparaison sans égal, GENeco estime que 70 maisons pourraient faire rouler la Bio-Bug pour une année, soit 16 000km, ce qui permet une économie de 19 000 tonnes de CO2.

« Retour vers le futur » vous vous souvenez ?

Dans ses idées de développement durable mêlé à un sens certain de la récupération et du recyclage, GENeco pense déjà à l’utilisation des déchets ménagers. Quand on y pense, que de perspectives offertes : de nos décharges à la station de carburant, il n’y a qu’un pas.

Petits rafraichissements au sujet du méthane

Le méthane provient de la fermentation de matières organiques animales ou végétales en l’absence d’oxygène. Il est fabriqué par des bactéries méthanogènes qui vivent dans des milieux sans oxygène. C’est le principal constituant du biogaz.

Le méthane est ainsi le seul hydrocarbure classique qui peut être obtenu rapidement et facilement grâce à un processus biologique naturel.

Le méthane est un gaz à effet de serre qui a impact important sur le climat car il absorbe une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre, et empêche ce rayonnement de s’échapper vers l’espace. Ce phénomène contribue donc au réchauffement de la Terre.

Précision faite, le méthane a une influence bien moins importante que celle du CO2. Cependant, l’influence du méthane reste préoccupante, du fait qu’une molécule de méthane absorbe en moyenne 25 fois plus de rayonnement qu’une molécule de dioxyde de carbone sur une période de 100 ans. De ce fait, le méthane est considéré comme le 3e gaz responsable du dérèglement climatique, après le CO2 et les fréons.

Les idées reçues sur nos ruminants

Les ruminants, bien qu’émetteur de méthane, ne représentent que 16% des émissions et sont suivis de près par les déchets humains avec 12% des émissions. Les 2 plus grandes sources d’émission de méthane sont la fermentation sans oxygène sous l’eau (32% des émissions) et les énergies fossiles (21% des émissions), qui a elles seules émettent plus de 50% des gaz de méthane dans l’atmosphère.

Les émissions issues de la fermentation sans oxygène sous l’eau, ont surtout lieu dans les zones humides comme les marais, les mangroves tropicales et les rizières. Et les émissions issues par les énergies fossiles sont principalement dues à deux facteurs : l’exploitation du gaz naturel et l’extraction du charbon (échappements de grisou).

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