Publié le lundi 14 mai 2012 à 19:35, mis à jour le 15 mai à 16:35

Les perturbateurs endocriniens bientôt signalés par un pictogramme ?

Les perturbateurs endocriniens bientôt signalés par un pictogramme ?

FRANCE — Un rapport parlementaire rendu public ce mercredi propose d’étiqueter d’une manière spécifique les produits contenants des pesticides, des phtalates et du bisphénol A. Cet étiquettage aurait pour but d’informer et de protéger les plus vulnérables contre les perturbateurs endocriniens.

Les parlementaires à l’origine du rapport se sont prononcé en faveur du principe de précaution au sujet des perturbateurs endocriniens. Ils proposent d’étiqueter les produits qui contiennent des éléments chimiques soupconnés d’être des pertubateurs hormonaux.

Pour Gilbert Barbier, sénateur du Jura et membre de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), l’objectif principal de l’étiquetage serait d’informer les mères des dangers potentiels que représentent certains produits de consommation courante. Il propose d’apposer un pictogramme sur les produits ciblés par le rapport, comme celui qui est utilisé sur les bouteilles d’alcool pour prévenir les femmes enceintes.

Synthétiques ou naturelles, les substances considérées comme des perturbateurs endocriniens comprennent les phtalates que l’on peut trouver dans les produits cosmétiques ou les tuyaux de perfusion dans les hopitaux, le bisphénol A présent dans les revêtements plastiques à l’intérieur des boîtes de conserve ou des canettes, et les pesticides. Ces perturbateurs endocriniens peuvent altérer les mécanismes du système hormonal et être à l’origine d’effets nocifs à court termer et à long terme sur les consommateurs et leurs descendants.

Le lien entre les perturbateurs endocriniens et des maladies liées au cancer ou à la fertilité est jugé suffisamment crédible. Bien qu’il existe des incertitudes quant aux processus d’action sur l’organisme de ces perturbateurs, les informations dont disposent le législateur sont suffisante pour appliquer le principe de précaution. Le sénateur souligne dans son rapport que la réduction de l’exposition périnatale aux perturbateurs endocriniens est un objectif à atteindre.

De la conception aux première années de la vie, un enfant est très vulnérable à ces perturbateurs hormonaux. Une faible exposition pourrait avoir des conséquences importantes sur sa santé. En effet, aucune dose n’est identifiée comme non-nocive, des effets importants peuvent être constaté à faible dose ou à forte dose, il n’y a pas de règles relative aux niveaux de perturbations tolérées par les individus. Par ailleurs, pendant la grossesse c’est le moment de l’exposition qui a un impact, ce n’est pas une question de dose.

Le sénateur invite à trouver rapidement des produits de substitution pour remplacer, entre autres, les phtalates de type DEHP que l’on retrouve dans le matériel médical en gynécologie-obstrétrique et en néonatalogie.

Ce rapport est basé sur les inquiétudes relatives à la forte augmentation de maladies liées à des dysfonctionnements du système hormonal, comme les cancers de la protaste ou du sein, ou encore les pathologies liées à la fertilité. Principalement pointé du doigt dans les cas précédemment évoqués, les perturbateurs endocrinien sont aussi soupçonnés d’être à l’origine d’altération du comportement, du développement et de la croissance.

Credit Photo : Flickr

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