Publié le lundi 14 mai 2012 à 19:37

Le calvaire des personnes souffrant du syndrome du nez vide

Le calvaire des personnes souffrant du syndrome du nez vide

La vie de beaucoup de personnes est sérieusement déstabilisée par le syndrome du nez vide, un état qui apparait après une opération chirurgicale relative à la mutilation du cornet. Loin d’être un effet secondaire, ce syndrome met en exergue la réalité de certaines interventions chirurgicales qui, au lieu d’améliorer la santé des gens, créent plutôt des dommages irréversibles. Dans la fosse nasale, on trouve des filtres pour la respiration et pour l’humidification qu’on appelle les cornets. Ils sont au nombre de trois : le cornet inférieur, le cornet moyen et le cornet supérieur. Chez certaines personnes, ils peuvent gonfler au point de bloquer les voies respiratoires nasales. La médecine a donc mis sur pied la turbinectomie ou résection de cornet, une intervention chirurgicale qui consiste à enlever le cornet qui pose problème. Dans des cas graves où les trois cornets obstruent carrément les voies nasales, on procède alors à leur suppression totale. Mais après avoir eu le nez ouvert par le bistouri des chirurgiens oto-rhino-laryngologiste, respirer devient un exercice compliqué pour ces malades.

Le calvaire des personnes souffrant du syndrome du nez vide

Les personnes souffrant du syndrome du nez vide n’ont pas manqué de parler des différents problèmes qui minent leur quotidien. Après leur opération, elles se retrouvent avec des sensations de brûlure dans le nez, se sentent essoufflées et ressentent fréquemment une grande fatigue. Il y a aussi une présence constante de douleurs faciales et de céphalées, à cause du fait que l’air qui arrive dans le nez n’est plus filtré. Des croûtes précèdent des sécheresses nasales et les personnes les plus atteintes se retrouvent avec une perte quasi-totale du goût et de l’odorat. Plusieurs malades se retrouvent dans un état dépressif et certains sont même tentés par le suicide. D’ailleurs, deux cas ont été recensés l’an dernier parmi les membres d’une association de victimes. Les malades du syndrome du nez vide deviennent des esclaves des antidouleurs et des antidépresseurs puisqu’il n’existe pas d’efficaces chirurgies réparatrices de cornets à ce jour. Certains sont condamnés à vivre avec une machine bruyante qui est sensée assurée le rôle de ces membranes supprimées.

La turbinectomie, une intervention chirurgicale dangereuse ?

Face au triste constat du calvaire des malades du syndrome du nez vide, on se demande si la turbinectomie ne serait pas finalement une opération dangereuse. Une chose est certaine, cette chirurgie est beaucoup pratiquée aujourd’hui. La Caisse d’Assurance Maladie révèle qu’en 2010, 11 580 turbinectomies, qu’elles soient partielles ou totales, ont été faites en France. Et puis les plaintes qui suivent les opérations sont de plus en plus nombreuses. Selon une association de victimes en France, il y a présentement 23 procédures judiciaires en cours contre des praticiens de cette chirurgie et 4 plaignants ont déjà gagné leur procès. Aussi, le taux d’échec est de 2 à 5%, voire plus, ce qui est jugé élevé selon certains avocats de victimes qui affirment que le taux habituel de complications post-opératoires est compris entre 0,1% et 1%. En outre, il est reproché aux chirurgiens d’opérer de façon hâtive, parfois sans que cela ne soit nécessaire chez certains patients. Cependant, du côté des services d’ORL, on défend bec et ongle cette chirurgie qu’on estime subir un faux procès de la part de quelques insatisfaits. Selon Frédéric Chabolle, secrétaire général de la Société Française d’ORL, la turbinectomie est une réussite chez la plupart des patients. Jean Michel Klein du syndicat français des ORL va dans le même sens et soutient qu’entre 95 et 98 % des malades sont satisfaits après s’être opérés. Toutefois, ces arguments ne semblent pas freiner les avocats des victimes qui comptent aller au bout des procédures judiciaires, en attendant que se tiennent le congrès national d’ORL en octobre 2012, au cours duquel on espère qu’on passera au peigne fin les réalités de cette chirurgie.