La pression monte à l’approche de la date de publication des recommandations de la Haute Autorité de Santé sur la prise en charge de l’autisme. Cet événement prévu pour le 6 mars prochain, est vivement attendu par les familles d’autistes qui caressent le secret espoir d’un changement de la prise en charge thérapeutique de cette affection.
C’est une fuite dans le quotidien libération qui est la base de la montée de la pression. Le journal avait en effet publié une partie des recommandations devant être rendues publiques par la HAS. Cette fuite avait provoqué un véritable tollé, en particulier dans le clan des psychiatres psychanalystes. Si on s’en tient aux données publiées par Libération, l’approche psychanalytique farouchement défendue par ces derniers serait en perte de vitesse. La HAS serait en phase de reconnaître l’utilité des prises en charges éducatives cognitivo-comportementales. Ces prises en charges appliquées chez nos voisins espagnols et belges, étaient, depuis de nombreuses années, réclamées par les familles d’autismes dont un bon nombre n’avait pas hésité à traverser les frontières en vue d’assurer à leurs progénitures une prise en charge adaptée. Les familles, en effet, récusent l’approche psychanalytique qui, pour elles, est très limitée voire archaïque. Ceci n’est pas du tout l’avis des psychanalystes qui tentent le tout pour le tout afin que leur thérapie continue de faire recette. En effet, en plus de se prononcer sur l’utilité et l’efficacité des prises en charges éducatives cognitivo-comportementales que sont l’ABA et la TEACCH, la HAS doit également se prononcer sur l’opportunité de continuer à appliquer les prises en charges regroupées sous l’appellation « psychothérapie institutionnelle ». L’enfant autiste est soumis à une psychothérapie en France car l’autisme est considéré comme une maladie psychique. Au nombre de ces thérapies, on retrouve les médiations thérapeutiques, la thérapie familiale et psychothérapie de l’enfant. La médiation thérapeutique regroupe divers ateliers tels que la flaque pataugeoire, l’atelier cheval, l’atelier conte et le packing qui est l’objet de nombreuses controverses.
On retrouve donc d’un côté les associations de parents d’enfants autistes, incomprises depuis de nombreuse années et déterminées à faire évoluer la prise en charge de leurs enfants et de l’autre côté les psychiatres psychanalystes déterminés à défendre leurs thérapies. Entre les deux, on trouve la HAS, qui se retrouve prise au piège entre l’enclume et le marteau. La situation devient encore plus délicate pour la Haute Autorité de la Santé, du fait que l’année 2012 a été sacrée « année de l’autisme ». Les parents campent sur le fait que l’approche psychanalytique, qui a été abandonnée dans bon nombre de pays, ne s’appuie sur aucune preuve scientifique concrète. L’abandon de ces thérapies constitue pour les familles, la preuve que les thérapies associées à cette approche, sont d’une efficacité et d’une utilité extrêmement limités. Les familles sont soutenues par le député Daniel Fasquelle, qui est le président du groupe parlementaire d’étude de l’autisme. Ce dernier est à la base d’un projet de loi visant à l’interdiction pure et simple de cette approche sujette à controverse. M. Fasquelle ne s’est pas arrêté là. Il a récemment lancé un appel aux présidents d’universités afin que ceux-ci mettent un point final aux formations orientées vers une prise en charge de l’autisme par la psychanalyse. Les psychanalystes ne chôment pas de leur côté. Ces derniers ont entrepris diverses manœuvres pour que l’autisme continue d’être classé comme une maladie psychique. Leur fer de lance n’est nul autre que le Professeur Golse dont les interventions régulières dans les journaux contribuent à semer le trouble dans les esprits. La HAS avait déjà en juillet 2011, émis des recommandations qui favorisaient la reconnaissance de thérapies ardemment désirées par les familles. Ces recommandations avaient été émises après de larges consultations. Les associations de familles avaient massivement répondu à ces dernières. Les recommandations devant être prochainement émises par la Haute autorité de Santé devraient s’appuyer sur ces consultations. Selon Libération les prochaines recommandations de la HAS, relégueraient l’approche psychanalytique au rang de prise en charge non recommandées. Ces prochaines recommandations auraient constaté l’absence de preuves scientifiques sur l’efficacité de ce type d’interventions. Le packing aurait été indexé. La Haute Autorité de la santé a fait une déclaration en vue de clarifier certains points. Elle a notamment précisé que le texte n’était pas encore finalisé et que les discussions se poursuivaient en vue d’aboutir à un consensus.