Le 24 janvier 2012, le professeur Etienne-Emile Baulieu a présenté à l’Académie de Médecine le fruit de ses travaux sur la maladie d’Alzheimer. Cette présentation fait suite à la publication d’une étude du Pr Baulieu dans le "Journal of Alzheimer Disease". L’équipe conduite par l’éminent scientifique s’est intéressée à la protéine TAU, une protéine tubulaire dont le lien avec l’apparition de la maladie d’Alzheimer a été établi. Une étude conduite par le professeur Baulieu avait prouvé, l’année dernière, que la protéine FKBP52 avait une action inverse de celle de la protéine TAU. Le but visé par l’équipe dirigée par le père de la pilule abortive est de trouver un moyen de contrecarrer l’action de la protéine TAU en renforçant celle de la protéine FKBP52.
Les chercheurs se servaient au départ de souris transgéniques comme modèle animal mais ils ont dû néanmoins recourir à un autre modèle car les souris devaient être âgées de plus de 6 mois avant d’être utiles aux expérimentations. Les chercheurs se sont donc tournés vers le poisson-zèbre dont le développement du système nerveux ne requiert que 3 jours au plus. Ce choix stratégique permettra donc aux chercheurs d’obtenir des résultats plus rapidement que d’habitude. L’Institut Baulieu a exprimé de vifs espoirs quant à la mise au point d’un test révolutionnaire sur la maladie d’Alzheimer. On pourra ainsi faire un diagnostic précoce de ce mal à partir du liquide céphalo-rachidien ou du sang. Les chercheurs espèrent qu’une estimation du taux de protéine TAU permettra d’apprécier le risque de développer une maladie dégénérative. Le Pr Baulieu a révélé que son équipe avait besoin d’un appui financier de 3 millions d’euros pour conduire cette étude.
La maladie d’Alzheimer est due à une dégénérescence du tissu cérébral. Cette maladie, qui fut décrite pour la première fois par le médecin allemand Alois Alzheimer se manifeste par une perte progressive des fonctions cognitives. L’un des symptômes les plus visibles est la perte de la mémoire. Cette maladie est à l’origine du plus grand nombre de cas de démence chez les personnes du troisième âge. Les causes réelles de la maladie demeurent inconnues jusqu’à nos jours quoiqu’on suppose souvent qu’elle serait liée à des facteurs génétiques et environnementaux. La maladie débute en général par des troubles de mémoire puis évolue progressivement vers des troubles de l’humeur, des troubles psychomoteurs et même du langage. Le malade perd peu à peu son autonomie et meurt au bout d’une période de 3 à 8 ans.
Selon la World Alzheimer Report 2010, cette maladie toucherait plus de 35,6 millions de personnes à travers le monde. Ce rapport prévoit également que ce chiffre s’étendra à 65,7 millions de personnes d’ici 2030. Ce mal est à l’heure actuelle l’une des maladies les plus coûteuses dans les pays développés. Il a coûté 604 milliards de dollars US à l’ensemble des pays développés en 2010. Les traitements actuels sont des traitements palliatifs dont l’effet sur les symptômes de la maladie demeure encore limités. Les firmes pharmaceutiques sont engagées dans une course contre la montre visant à trouver un remède capable de stopper le processus de dégénérescence des fonctions cognitives. L’une des pistes les plus prometteuses est précisément la réduction des agrégats de protéines TAU, piste sur laquelle sont justement engagés le Pr Baulieu et son équipe.
