Une équipe de chercheurs américains vient de publier une étude qui pourrait ouvrir la voie à la conception d’un nouveau type de contraceptif pour les hommes. Cette équipe a, en effet, réussi à éliminer les spermatozoïdes contenus dans des testicules de rats en les soumettant à des ultrasons, des ondes mécaniques et élastiques dont la fréquence excède 20 KHz.
Une étude publiée dans le journal scientifique Reproductive Biology and Endocrinology rapporte que des chercheurs de l’Université de Caroline du nord ont testé l’efficacité des ultrasons sur la réduction du nombre de spermatozoïdes chez des rats adultes. Ils ont soumis ces derniers à des sons dont la fréquence varie de 1 à 3 Mhz en vue de suivre l’effet de ces derniers sur l’évolution du nombre de spermatozoïdes dans le sperme. Ils ont relevé que deux traitements de 15 minutes dans un intervalle de 48 heures et à la fréquence de 3 Mhz, avaient pour effet final, de détruire la plus grande partie des cellules germinales chez le rat. La destruction concernait aussi bien les spermatozoïdes déjà fonctionnels que les cellules précurseurs de ces derniers, c’est-à-dire les spermatides. La température la plus efficace pour le processus était de 37°C. Les testicules étaient trempés d’une solution saline en vue d’améliorer leur conductivité.
Comparativement à une méthode utilisant uniquement l’énergie thermique pour réduire le nombre de gamètes, les scientifiques ont démontré que leur technique permettait la destruction de 90 % des cellules germinales. Elle permettait également de réduire par un facteur de 1000 la capacité des spermatozoïdes à se mouvoir. Cette étude n’est pas isolée. En effet, déjà en 1975, Mostafa Fahim et al. montraient que les ultrasons à haute fréquence avaient un impact négatif sur les spermatozoïdes. Il faut cependant noter que les rats utilisés dans l’expérience par le docteur James Tsurata et son équipe ne devenaient pas pour autant infertiles. En effet les rats sont encore capables de procréer avec une concentration très basse de spermatozoïdes dans le sperme. Ceci n’est pas le cas de l’homme. Ce dernier devient infertile sis son éjaculation contient un nombre inférieur à 15 millions de spermatozoïdes. En effet 95% des hommes fertiles ont plus de 39 millions de spermatozoïdes dans leur éjaculation.
Le docteur Tsurata dont les travaux ont reçu un financement de la fondation Bill et Melinda Gates, a affirmé qu’il y a avait bon espoir que ses travaux puissent conduire au développement d’un type nouveau de contraceptif à l’endroit de la gent masculine. Les avantages d’un tel contraceptif seront nombreux. En plus d’être peu contraignant et peu invasif, son coût pourrait être également très réduit, si on s’en tient aux propos de l’équipe du docteur Tsurata. L’utilisation des ultrasons pourrait donc révolutionner la contraception chez l’homme. Les hommes jusqu’ici ne disposaient que de deux alternatives pour la contraception. La première était le port du préservatif et la seconde, la vasectomie. La vasectomie est une opération chirurgicale qui consiste à ligaturer le canal déférent de chacun des testicules. Il s’agit d’une technique de stérilisation qui empêche qu’il y ait des spermatozoïdes dans le sperme. L’homme continue d’avoir des érections et des orgasmes avec un volume normal de sperme. Mais ce sperme est dépourvu de gamètes et ne peut féconder. Cette opération est réversible si elle est pratiquée avec certaines précautions. Alors que le port du préservatif est accusé souvent de brider le plaisir, la vasectomie n’est pas prisé par crainte de l’acte chirurgical. Les travaux de l’équipe de la faculté de médecine de l’université de Caroline du nord suscitent donc un réel espoir à cause de ses avantages certains. Cependant un travail énorme reste à abattre pour que ces travaux aboutissent un jour à la confection d’un contraceptif masculin fondé sur les ultrasons. Ces ondes sont capables de se propager dans les gaz, les liquides et les solides. Leur nom indique qu’il s’agit de sons, dont la fréquence très élevée empêche qu’ils soient perçus par les oreilles humaines. En effet, la nocivité de l’utilisation répétée d’ultrasons sur l’organisme humain doit être déterminée. L’exposition répétée à certaines catégories d’ondes peut induire certaines maladies telles que les cancers. Il faudra également déterminer la durée contraceptive de cette technique. Nul doute que le financement octroyée par Bill Gates sera d’une grande utilité.