Des chercheurs américains ont montré qu’un médicament utilisé pour traiter une forme rare de cancer, est en mesure d’éliminer tous les symptômes de la maladie d’Alzheimer chez la souris. Si ce médicament s’avérait aussi efficace chez l’homme, on pourrait ainsi disposer dans quelques années d’un traitement pour cette maladie neurodégénérative qui, il faut le rappeler, altère considérablement la qualité de vie des personnes âgées.
La maladie d’Alzheimer se caractérise principalement par l’accumulation d’un peptide, la bêta-amyloïde, dans le cerveau. Du fait du vieillissement, l’organisme a de la peine à évacuer la bêta-amyloïde qui se dépose alors dans le cerveau, créant des dommages irréversibles. L’étude sur les souris publiée dans la revue « Sciences », a été menée par les chercheurs de Case Western Reserve University School of Médicine à Cleveland (Ohio, Nord). Ces derniers ont eu recours à un anticancéreux, le bexarotène qu’ils ont administré à des souris de laboratoires souffrant de l’équivalent de la maladie d’Alzheimer. Ces souris ont subies préalablement des modifications génétiques afin qu’ils développent cette pathologie. Le bexarotène s’est montré capable d’éliminer en peu de temps jusqu’à 75 % des plaques de bêta-amyloïde chez les sujets de l’étude. Il a également inversé les symptômes de la maladie comme la perte de mémoire et l’absence d’odorat chez les souris. Ainsi, les souris qui étaient malades ont commencé à avoir des comportements normaux. C’est du moins ce qu’explique l’un des co-auteurs de l’étude, le Dr Daniel Wesson, professeur adjoint de neurosciences à la faculté de médecine Case Western. Avant cette découverte, le meilleur traitement pour éliminer les plaques de bêta-amyloïde n’y arrivait qu’en plusieurs mois, comme l’explique un autre chercheur de la faculté de Case Western. C’est donc une "avancée sans précédent" comme le juge Paige Cramer.
Maintenant, il reste à prouver l’efficacité de ce médicament pour guérir l’Alzheimer chez l’homme. Pour y parvenir, il faut à présent réaliser des tests cliniques sur des patients. Selon le Dr Wesson, les premiers essais préliminaires de ce type devrait livrer leurs résultats d’ici 2013. Même si ces essais sont concluants, il est difficile à ce stade de dire avec précision quand est-ce qu’un traitement sera disponible pour soulager les personnes souffrant de l’Alzheimer. Car, il faut le dire, les autorités sanitaires exigent de nombreuses garanties avant d’autoriser la mise sur le marché d’un médicament quel qu’il soit. Des garanties que devront naturellement fournir ceux qui ont découvert ce traitement. A l’évidence, on sait que la tâche ne sera pas facile au regard des désastres causés par le détournement d’un médicament comme le Mediator de son indication première. Toutefois, en cas d’autorisation de mise sur le marche, le cas du Baclofène utilisé contre la dépendance à l’alcool et certains stupéfiants pourrait faire école.
