Publié le lundi 14 mai 2012 à 19:36, mis à jour le 15 mai à 16:18

Baclofène et alcoolisme : un nouvel espoir de traitement ?

Baclofène et alcoolisme : un nouvel espoir de traitement ?

Vivement recommandé par le cardiologue Olivier Ameisen, l’usage du Baclofène pour soigner la dépendance à l’alcool figure avant tout comme un cas de détournement d’un médicament de son indication première. Bien que le témoignage de ce médecin « ancien alcoolique » et auteur du livre « Le dernier verre » ait suscité un véritable engouement du public, les autorités françaises restent très prudentes d’autant qu’il existe de déplorables antécédents avec des médicaments tels que le Mediator. Toutefois, des recherches sont en cours en France pour vérifier l’efficacité d’un tel traitement, emboîtant ainsi le pas à des essais cliniques ayant eu lieu sous d’autres cieux.

Initialement mis en vente dans les années 70 sous le nom de Liorésal, le Baclofène est un myorelaxant stimulant le récepteur GABA-B. Il est traditionnellement prescrit pour soigner les contractures spastiques et dans une moindre mesure les hoquets résistants. Alors qu’une dose maximale de 80 mg est recommandée dans le cadre de l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), certains neurologues des Universités de Columbia n’hésitent pas à en prescrire jusqu’à 300 mg par jour à leurs patients souffrant de spasticité. Bien entendu, les effets secondaires de ce médicament sont parfaitement connus et maîtrisés par les universitaires en question. En 1990, des tests isolés auraient montré l’efficacité du Baclofène dans le traitement de la dépendance à l’alcool et à la drogue.

En l’absence d’un intérêt marqué, cette découverte est toutefois mise aux oubliettes jusqu’à ce qu’Olivier Ameisen, alcoolique en désespoir de cause, découvre à son tour les bienfaits de ce remède à l’issue de nombreuses recherches. L’ayant essayé à fortes doses, il témoigne en 2004 de son efficacité contre la dépendance à l’alcool et recommande aux laboratoires de faire des essais cliniques pour s’en convaincre. Malheureusement, il ne sera guère entendu, probablement à cause du coût trop élevé des essais. Intitulé « Le dernier verre », le livre d’Olivier Ameisen remet sa préoccupation au goût du jour. Sous la pression de nombreux acteurs comme les associations de lutte contre l’addiction à l’alcool, d’ardents défenseurs du Bactofène et les patients eux-mêmes, des recherches sont en cours pour confirmer ou infirmer l’efficacité du remède.

Financés sur des fonds publics, 2 études en cours permettront peut-être de mettre fin aux houleux débats qui oppose les spécialistes anti Baclofène à ceux ceux qui sont résolument pour. Sous l’autorité du Pr Michel Detilleux, une étude qui se fera en milieu hospitalier (notamment à l’Hôpital Cochin de Paris) permettra de mesurer le niveau d’abstinence des patients dépendants alcooliques soumis à un traitement de 90 à 120 mg de Baclofène par jour et ce pendant 3 mois. Il faut souligner qu’un sevrage de 8 à 15 jours est prévu dans le cadre de cette étude. Sous la coordination du Dr Philippe Jaury sera conduite en ville une seconde étude consistant à suivre environ 300 patients, sevrés ou non et placés sous un traitement allant de 15 mg à 300 mg par jour de Baclofène.

L’efficacité du Baclofène et la typologie des patients pourraient être déterminées au terme de cette étude. Mais déjà, le Dr Philippe Jaury affirme en s’appuyant sur une investigation préliminaire réalisée sur 130 individus que la moitié des patients pourraient devenir abstinents au bout d’un an en suivant un traitement de 120 à 140 mg de Bactofène par jour. Toutefois, il convient de souligner que la plupart des patients qui avouent être guéris de leur dépendance à l’alcool grâce au Baclofène se réjouissent d’être devenus indifférents à l’alcool et pas forcément abstinents.
Le traitement de la dépendance à l’alcool est une nouvelle indication qui pourrait bien être accordée au Baclofène si les études menées sous la houlette de l’INSERM s’avèrent concluantes.

Baclofène et alcoolisme : un nouvel espoir de traitement ?
noté 5.0 / 1 - 5 avec 2 avis, 5 opinions

Réactions des visiteurs

Réaction de Marion Gaud : Merci pour votre excellent article, très bien résumé. Je voudrais ajouter quelque petites précisions Si l’Afssaps se montre encore prudente vis à vis de ce traitement, les malades n’ont pas attendu pour le réclamer, soutenus très rapidement par des médecins, qui se constituent depuis, en réseau au sein de notre association. Les dernières publications de l’Afssaps sur le baclofène datent d’avant l’obligation de déclaration de conflit d’intérêt de ses experts. Aussi, sachant que certains des experts ayant participé à cette publication avaient des conflits d’intérêts avec des laboratoires producteurs de futures molécules pour traiter l’alcoolisme, on peut légitimement penser que leur prochaine étude sur le sujet sera plus objective. Ce ne sont pas les associations traditionnelles de lutte contre l’alcoolisme qui se sont battus pour obtenir des essais, celles-ci sont en générales réticentes au baclofène qui remet trop en cause le dogme de l’abstinence qu’elles prônent. Non Ce sont des associations de malades traités au baclofène , telle la notre, qui est la plus ancienne et a l’avantage d’être soutenue par tous les prescripteurs de la première heure. Notre association, Aubes (Association des Utilisateurs du Baclofène et Sympathisants) œuvre depuis janvier 2010 pour rassembler les prescripteurs et permettre aux malades de trouver un médecin.On trouve sur notre site de très nombreux témoignages de succès. Nous nous battons sur le terrain pour propager l’information auprès du corps médical et des malades. Des centaines voire des milliers sont aujourd’hui traités en france, ce sont les médecins qui, en constatant les excellents résultats, imposeront le traitement, sans attendre l’accord de l’Afssaps. Par ailleurs, la prescription hors AMM n’est pas illégale, elle est même monnaie courante, environ une prescription sur 5 est hors AMM en france, à commencer par l’aspirine, aujourd’hui,très largement prescrite pour traiter les troubles cardio-vasculaire… Pour des informations supplémentaires je vous invite à consulter notre site où vous trouverez toute la documentation disponible sur le sujet. http://www.baclofene.fr/ et , si vous êtes médecins vous pouvez poser vos questions à des prescripteurs aguerris sur notre forum spécialisé http://medecin-baclofene.fr/portal.php Marion Gaud Association AUBES
Réaction de Blasius : Excellent article, je trouve. Qu’est-ce qu’il reste à faire maintenant ? Attendre et guérir avec la méthode "alcool zéro" ainsi il va avoir la possibilité d’être en "avance" si jamais les essais avec le baclofène ne seront pas concluant. Blasius
Réaction de Marion Gaud : Merci pour votre très bon article : un excellent résumé. Je voudrais y ajouter quelques précisions Si l’Afssaps se montre encore prudente vis à vis de ce traitement, les malades effectivement n’ont pas attendu pour le réclamer, soutenus très rapidement par des médecins, qui se constituent depuis, en réseau. Les dernières publications de l’Afssaps sur le baclofène datent d’avant l’obligation de déclaration de conflit d’intérêt de ses experts. Aussi, sachant que certains des experts ayant participé à cette publication avaient des conflits d’intérêts avec des laboratoires producteurs de futures molécules pour traiter l’alcoolisme, on peut légitimement penser que leur prochaine étude sur le sujet sera plus objective. Contrairement à ce que vous dites ce ne sont pas les associations traditionnelles de lutte contre l’alcoolisme qui se battent pour le reconnaissance du traitement : elles seraient plutôt opposées au baclofène qui remet trop en cause le dogme qu’elles défendent encore bec et ongle : l’abstinence. Ce sont plutôt des groupements de malades traités au baclofène telle le notre, le plus ancien et qui est en plus soutenus par tous les prescripteurs de la première heure, dont Philippe Jaury. En effet, notre association, Aubes (Association des Utilisateurs du Baclofène et Sympathisants) œuvre depuis janvier 2010 pour rassembler les prescripteurs et permettre aux malades de trouver un médecin.On trouve d’ailleurs sur notre site de très nombreux témoignages de succès. Des centaines voire des milliers de malades sont aujourd’hui traités en Franceet ce sont les médecins qui, en constatant les excellents résultats, imposeront le traitement, sans attendre l’accord de l’Afssaps. Par ailleurs, je voulais aussi préciser que la prescription hors AMM n’est pas illégale, elle est même monnaie courante, environ une prescription sur 5 est hors AMM en france, à commencer par l’aspirine, aujourd’hui,très largement prescrite pour traiter les troubles cardio-vasculaire… Comme vous le soulignez, les effet secondaires à hautes doses sont archi-connus, tous bénins et réversibles. La prescription à haute dose est pratiquée depuis longtemps par les neurologues. En se qui concerne la toxicité à haute dose, on la connait aussi depuis 40 ans : ce médicament est moins dangereux que le paracétamol où même l’aspirine.Des tentatives de suicide avec prise de 2500mg (250 comprimés !) ont été répertoriées, sans effet létal, avec comas, certes, mais sans aucune séquelles. Pour exemple : il suffit de prendre 20 comprimés de doliprane 500 pour avoir un effet létal. Pour des informations supplémentaires je vous invite à consulter notre site où vous trouverez toute la documentation disponible sur le sujet. http://www.baclofene.fr/ et , si vous êtes médecins vous pouvez poser vos questions à des prescripteurs aguerris sur notre forum spécialisé http://medecin-baclofene.fr/portal.php Marion Gaud
Réaction de Yves BRASEY : Pourquoi toujours parler d’abstinence comme objectif de traitement de l’alcoolo-dépendance ? Sans doute parce qu’il s’agit d’un dogme judéo chrétien de 1935 et que la médecine n’a pas trouvé mieux depuis avec 90 % d’échecs ! Lorsqu’une maladie est soignée cela signifie que la personne redevient « normale ». Et c’est quoi « normal » en France par rapport à l’alcool ? C’est 80 % de consommateurs et 20 % qui n’aiment pas. Donc, les personnes « guéries » de l’alcoolo-dépendance doivent se retrouver dans cette proportion, autrement c’est de l’abstinence forcée pour 80 % d’entre elles. Cette abstinence étant qualifiée de torture par la SOCIETE SUISSE DE MEDECINE DE L’ADDICTION (SSAM). http://www.baclofene.com/index.php?p=topic&t_id=1052 Yves BRASEY Vice-Président de l’Association Baclofène. www.baclofene.org et www.baclofene.com pour le forum d’entraide.
Réaction de Sylvie Imbert : La déclaration des conflits d’intérêts par les membres de l’afssaps n’est pas nouvelle et les experts sont toujours les mêmes, il n’y a donc aucune raison pour que sa position évolue. Certains membres de la SFA, FFA ou/et experts auprès de l’Afssaps ont des conflits d’intérêt sur le sujet et profitent de leur position pour freiner l’avancée du baclofène. Concernant l’étude de l’Inserm, P. Batel a déclaré y participer. Quand on écoute les propos de ce monsieur http://www.baclofene.org/?p=1922 qui déclare, entre autre, avoir les mêmes résultats avec le baclofène qu’avec des médicaments prescrits dans le cadre de l’AMM, la question qui nous vient à l’esprit est pourquoi prescrit il du baclofène ? Mais cela n’aurait il pas un rapport étroit avec le fait que P. Batel a coordonné l’étude sur le Nalmefène, molécule elle aussi sur le juteux marché de l’alcoolisme, avec l’énorme avantage de ne pas être génériquée. Les 120 morts par jour, les témoignages de guérisons http://www.baclofene.com/index.php?p=topic&t_id=1103, l’attente et l’espoir des malades, nous poussent à réclamer une solution permettant aux médecins de prescrire « librement » D’où notre pétition le SCANDALE du baclofène, obtenons au plus vite une extension de l’AMM http://liencs.fr/040 que j’invite chacun à signer. Plus nous serons nombreux à la signer, plus vite le problème de l’alcoolisme trouvera une solution. Sylvie Imbert – Association BACLOFENE – http://www.baclofene.org
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