Les cancers du testicule représentent 1 à 2% des cancers apparaissant chez l’homme. Des médecins viennent d’affirmer, dans la lucarne ouverte par le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire sur les « enjeux environnementaux pour la fertilité humaine », paru ce mardi 21 février, qu’il serait en augmentation ces 50 dernières années.
Les médecins ne parlent pas d’un cancer du testicule mais de plusieurs, et ils sont classés en deux catégories. Il y en a à tumeurs germinales, qui sont les plus nombreux avec près de 95% des cas, et les moins en vue qui sont à tumeurs non germinales. Selon le constat du docteur Marie Walschaerts et ses collègues du CHU de Toulouse, 1 500 nouveaux cas de ces cancers, toute catégorie, sont détectés en France chaque année, et influencent considérablement la fertilité des hommes. Parallèlement à ce constat, une autre équipe de médecins, issue de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), annonce qu’il y a eu 21 179 hospitalisations pour une opération d’un cancer du testicule en France, de 1998 à 2008. Cela représenterait une augmentation annuelle de 2,5 %, selon ces médecins.
Le corps médical a aussi remarqué des différences régionales dans l’apparition de ces cancers, surtout au niveau des interventions chirurgicales relatives aux malformations génitales masculines. On s’explique difficilement les raisons de cette situation mais les spécialistes soupçonnent des perturbateurs endocriniens comme étant à la base de cela. Les pays développés sont les plus affectés par ce sérieux problème, et même si des explications claires n’ont pas encore été avancées, les spécialistes notent une forte altération des fonctions reproductrices. Ils ont aussi relevé des causes liées à un développement anormal des testicules et une descente tardive de ceux-ci. Il n’est pas aussi écarté la présence d’antécédents familiaux ou personnels chez les personnes atteintes de ces cancers. Certains ont, par ailleurs, soulevé l’hypothèse d’une possible perturbation des organes de reproduction masculine pendant la vie fœtale. Néanmoins, la plupart des médecins trouvent que cette raison ne pourrait justifier l’augmentation de toutes les pathologies observées dans l’apparition de ces cancers.
Par ailleurs, la qualité du sperme des hommes est de plus en plus décroissante, et on s’en est rendu compte à Paris, selon Louis Bujan et Jacques Auger qui sont en fonction dans des banques de sperme. Pour eux, on ne peut écarter cette réalité dans la recherche des causes de cette augmentation des cancers du testicule. Les médecins essaient aussi de mettre en évidence l’impact de l’environnement sur la reproduction masculine. Pour cela, ils explorent plusieurs pistes telles que les modes de vie, les habitudes, les expositions pré et post natales, etc.
En attendant de trouver des solutions pouvant freiner cette augmentation des cancers du testicule, les médecins trouvent que la surveillance de la production et de la qualité du sperme est la meilleure chose à faire présentement. Ils pensent qu’elle permettra d’écarter les principaux facteurs déréglant l’appareil génital des hommes et d’identifier, le mieux possible, les risques génétiques et environnementaux. Mais, pour y arriver, il faudrait que des recherches plus poussées soient effectuées d’où le plaidoyer qu’ils lancent aux pouvoirs publics dans ce sens.
