Publié le mardi 31 janvier 2012 à 13:45, mis à jour le 1er février à 11:21

Vandana Shiva ou la lutte contre le libre-échange

Vandana Shiva ou la lutte contre le libre-échange

Féministe indienne née le 5 novembre 1952, Vandana Shiva a toujours défendu ses points de vue sur les sujets relatifs à l’écologie, au libre-échange et au protectionnisme, ce qui lui vaut un grand respect à travers le monde. Elle est à la fois épistémologue, physicienne et écologiste. Docteur en philosophie des sciences de l’Université de Western Ontario, elle a aussi fait ses preuves dans le domaine de l’écriture. Mais malgré tous ces titres professionnels, c’est sur le plan écologique que Vandana Shiva est mieux connue à travers ses prises de positions sur certains comportements. On la connaît aussi comme l’une des ferventes opposantes des idées protectionnistes et du libre-échange.

Vandana Shiva, une personnalité engagée sur le plan écologique

Vandana Shiva prône un monde où la protection de l’écologie demeure une priorité absolue. Elle souhaite que les gens comprennent que l’argent ne doit en aucun cas pousser à détruire le patrimoine écologique mondial. Elle pense également que certaines intelligences devraient être proscrites dans la mesure où elles encourageraient la destruction écologique. Vandana Shiva s’oppose aux multinationales agro-alimentaires qui ravagent des terres cultivables pour les besoins de leurs activités. Elle se bat pour que les industries agro-chimiques cessent de fonctionner afin qu’il n’y ait plus d’utilisation abusive de ressources universelles. La lutte de Vandana Shiva contre les comportements anti écologiques a été significative en matière de biopiraterie.

Vandana Shiva s’offusque du fait que certaines firmes puissent insinuer qu’elles créent certaines ressources qui, en réalité, sont naturelles. Par ailleurs, elle ne veut absolument pas entendre parler des organismes génétiquement modifiés (OGM) qu’elle qualifie de "criminels". Vandana Shiva a mené des combats concrets afin de préserver la biodiversité. Elle a par ailleurs oeuvré avec énergie pour empêcher la construction de barrages sur la rivière Narmadâ pour éviter un bouleversement de l’écosystème. Sa seule préoccupation étant la protection de la biodiversité, elle a fondé une association du nom de Navdanya qui œuvre aussi pour la défense des droits des fermiers. Grâce à son engagement, Vandana Shiva reçoit en 1993 le prix Nobel alternatif. Mais cette célèbre écologiste s’est aussi distinguée de par sa lutte contre le libre-échange et le protectionnisme.

L’engagement de Vandana Shiva

Vandana Shiva s’oppose au commerce dérégulé qui donne la possibilité à chacun de faire ce qui l’arrange. Elle trouve que la liberté des échanges laisse apparaître une course effrénée vers le profit où chacun met en place la stratégie qu’il veut pour se faire assez d’argent. Selon Vandana Shiva, le libre-échange entraîne l’avidité des entreprises ainsi que l’appauvrissement des Etats. Elle pense en outre que le libre-échange conduit à un dumping et que rien n’empêche alors autrui de fixer ses propres règles commerciales. Vandana Shiva ne soulève pas les zones d’ombre du libre-échange en rapport avec les réalités commerciales de son pays. Elle s’appuie sur une situation générale, visible dans le monde entier. Mais en Inde, elle affirme sa profonde tristesse pour les paysans qui souffrent et qui sont désemparés du fait des actions et des prises de positions des multinationales qui s’accaparent tous les marchés. Certaines d’entre elles contrôlent même de façon unilatérale la vente des produits agricoles comme le coton et tuent très vite toute concurrence.

Vandana Shiva a donc déclaré la guerre à cette façon de faire des entreprises qui ne permettent pas aux paysans de profiter du fruit de leurs labeurs. En même temps qu’elle souhaite que le principe actuel du libre-échange soit revu, elle se bat pour qu’on reconsidère la notion de protectionnisme. Vandana Shiva pense que celui-ci doit avoir un sens plus bénéfique et trouve que son orientation actuelle n’arrange pas la vie des paysans indiens. Elle pense plutôt que le protectionnisme doit consister en la protection de toutes les ressources naturelles tout en permettant que leur utilisation se fasse correctement et que toutes les espèces vivantes soient protégées. Vandana Shiva souhaite par ailleurs que ce protectionnisme corrigé ne permette pas aux Etats de développer des politiques pour le seul bonheur d’une multinationale, quelle que soit la puissance de celle-ci. Le protectionnisme devrait également empêcher la dévastation des rivières et mettre fin aux déchets toxiques. Il faut comprendre que Vandana Shiva ne s’oppose pas uniquement à ces modes de fonctionnement sociaux. En réalité, elle propose des solutions telles que le protectionnisme vital qu’elle pense meilleur que celui actuellement pratiqué.

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