Publié le vendredi 10 février 2012 à 09:07, mis à jour à 09:09

Taxe carbone des compagnies aériennes : Bruxelles désapprouvé par la Chine et les USA

Taxe carbone des compagnies aériennes : Bruxelles désapprouvé par la Chine et les USA

La législation européenne prévoit l’imposition d’une taxe carbone à toutes les compagnies aériennes qui desservent l’Europe. Cette disposition n’est guère du goût des pays comme la Chine et les États-Unis qui demandent à leurs compagnies aériennes de se garder de payer une pareille taxe. Bien que décidée à appliquer cette disposition, l’Europe affiche sa volonté de discuter afin d’accorder des allègements aux compagnies étrangères confrontées à des défis particuliers. Il s’agit ni plus ni moins d’un bras de fer politico-diplomatique.

Pour un meilleur contrôle du réchauffement climatique, l’UE a instauré depuis 2005 un système de quotas d’émission dans le but de freiner considérablement les émissions de gaz à effet de serre (GES). La navigation aérienne entre de plein pied dans ce système depuis janvier dernier avec l’instauration de la taxe carbone qui s’applique en principe à toutes les compagnies faisant escale sur le sol européen. L’aviation civile chinoise vient de matérialiser son refus de cette taxe en interdisant depuis lundi à toutes les compagnies aériennes de la Chine de s’acquitter de cette taxe.

Avant elle, la chambre des représentants aux États-Unis a adopté un projet de loi qui interdit à toutes les compagnies du pays de l’oncle Sam de payer cette taxe. Depuis des mois, Hilary Clinton a plaidé auprès de l’UE pour l’annulation pure et simple de cette taxe impopulaire. De leur côté, les compagnies aériennes américaines avaient formulé une opposition auprès de la justice européenne mais ont été débouté. Outre la Chine et les États-Unis, il faudra compter avec le refus du Canada, premier pays à sortir officiellement de l’accord de Kyoto depuis janvier dernier. La Russie et l’Inde sont 2 autres pays qui ne veulent pas non plus de la taxe carbone européenne. Face à la grogne grandissante, la question est de savoir comment l’UE sortira t-elle de ce blocage politique et diplomatique ? Bien qu’elle ait affirmée être disposée à discuter pour trouver des allègements, elle reste déterminée à imposer cette taxe à toutes les compagnies étrangères qui font escale sur son sol.

Le but de la taxe carbone est d’amener les compagnies étrangères à compenser 15 % de leur émission de CO2 en achetant des certificats. Dès l’an prochain, il leur faudra en compenser 18 %, ce qui est synonyme d’une augmentation du montant de la taxe à payer. Dans le principe, cette taxe ne conduit pas vraiment à la limitation des émissions de CO2 mais s’impose comme un permis de polluer, ce qui n’a pas un impact réel sur la lutte contre le réchauffement climatique. Toutefois, pour justifier leur refus les pays étrangers se réfèrent à la convention de Chicago qui est le fondement du transport aérien international. Pourtant, cette dernière date de 1944 et ne tient nullement compte de la lutte contre le réchauffement climatique qui nécessite une prise de conscience et une action synergique afin de réduire sensiblement les émissions de CO2. Vivement qu’un meilleur cadre de concertation soit trouvé pour une véritable lutte contre le réchauffement climatique.

Pour rappel, le Parlement Européen refuse les projets de reforestation dans le cadre de leurs échanges carbone (plus d’informations), cette taxe est donc réellement un outils de stratégie économique.

Taxe carbone des compagnies aériennes : Bruxelles désapprouvé par la Chine et les USA
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