22 janvier 2012

Protocole de Kyoto ? tout le monde s’en va !

Protocole de Kyoto ? tout le monde s'en va !

Canada a claqué la porte du protocole de Kyoto en décembre 2011 pour causes d’exigences trop contraignantes. Il importe de comprendre les implications du protocole de Kyoto pour mieux cerner les causes de la décision du Canada. Bien qu’il soit l’objet de beaucoup de critiques, plusieurs pays pourraient lui emboîter le pas.

Même si l’activité solaire est le principal responsable du réchauffement climatique comme le soulignent certains scientifiques, l’impact de l’activité humaine (notamment les émissions de gaz à effet de serre) sur ce phénomène est de plus en plus inquiétant, selon les différents rapports du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Publié en 1995, le second rapport du GIEC indiquant que l’activité humaine a une influence détectable sur le climat de la planète, a amené les décideurs à plancher sur un traité international qui aurait du permettre de remédier à cet état de fait. Il s’agit du protocole de Kyoto signé le 11 décembre 1997 au Japon au cours de la 3ème conférence de la convention-cadre des Nations-Unis sur les changements climatiques. L’objectif des signataires du protocole de Kyoto était de réduire à l’échéance 2012 de 5,2 % les émissions de gaz à effet de serre sur la base des données de 1990. Au dioxyde de carbone (CO2) qui est le gaz à effet de serre le plus connu du public, s’ajoutent les hydrocarbures perfluorés ou perfluorocarbures (PFC), l’hexafluorure de souffre (SF6), le méthane (CH4), les hydrofluorocarbures (HFC) et l’oxyde nitreux (ou gaz hilarant ou hémioxyde d’azote ou encore protoxyde d’azote (NO) ).

Pour la mise en œuvre de cet ambitieux projet, 3 mécanismes dits « flexibles » ont été proposés : le mécanisme de développement propre (MDP), la mise en œuvre conjointe (MOC) et les permis négociables. La mise en pratique de ces mesures est devenue particulièrement onéreuse pour les grands pays pollueurs. Le non respect des exigences aurait en théorie aussi dû engendrer des pénalités mais la crise est passée par là...

Le 12 décembre 2011, Peter Kent, le premier ministre canadien, a le premier annoncé le retrait de son pays du protocole de Kyoto. Cette décision qui est une première dans le monde était pourtant prévisible car le Canada a exprimé son désaccord avec les exigences du protocole de Kyoto depuis plusieurs années. A l’occasion de la 12ème conférence sur les changements climatiques qui s’est tenue du 6 au 17 novembre 2006 à Nairobi au Kenya, le Canada a plaidé pour la révision du protocole de Kyoto pour ne pas qu’il soit « un complot socialiste » visant à prélever beaucoup d’argent aux pays riches.

Déjà en février de la même année, le Canada avait qualifié les exigences de ce protocole d’inaccessibles car exorbitantes. Le retrait du Canada du protocole de Kyoto peut s’expliquer par le fait que son économie est en partie tributaire des revenus du pétrole. Vendu principalement aux États-Unis, le pétrole canadien obtenu par la transformation très polluante des sables bitumeux de l’Alberta est dans le champ de mire des exigences du protocole. En clair, le Canada ne peut se permettre de réduire sa production de pétrole. Toutefois, pour maintenir ou même accroître sa production, il lui faut recourir aux contraignants et onéreux mécanismes de mise en œuvre du protocole alors que des pays pollueurs comme la Chine et l’Inde, jadis en voie de développement, ne sont nullement inquiétés à l’instar des États-Unis qui ne l’a pas ratifié.

La cause immédiate du retrait du Canada serait, selon le ministre de l’environnement Peter Kent, des pénalités encourues qui auraient pu s’élever à environ 14 milliards de dollars si son pays demeurait signataire de cet accord.

Le Canada est aujourd’hui sous le feu des critiques, en plus de la majorité des organisations environnementales et de l’opposition canadienne, plusieurs voix comme celles de la France et de la Chine ont condamné cette décision des autorités canadiennes. Pourtant, plusieurs autres états pourraient lui emboîter le pas comme la Russie dont la ratification a permis la mise en vigueur du protocole de Kyoto le 16 février 2005, voit mal le fait que certains pays pollueurs refusent de ratifier le protocole de Kyoto ou d’honorer leurs engagements. Pour sa part, elle n’a pu débuter la vente des quotas pour l’émission de gaz à effet de serre à des entreprises étrangères qu’à partir de janvier 2011.

Appliqué avec léthargie, le traité de Kyoto ne pourra pas fonctionner. Il importe pour certains pays que les grands pays pollueurs comme les États-Unis, la Chine et l’Inde s’impliquent également pour que la lutte contre le réchauffement climatique prescrite par le protocole de Kyoto soit réellement bénéfique à la planète. Sinon, les efforts des uns seront toujours sapés par l’action de ceux qui bénéficient d’une exemption.

Vers un nouvel accord ? Laissez moi rire..

Réactions des visiteurs

Réaction de Clodius :

Il est bien évident que le soleil chauffe la terre comme nos vieux os.... mais nous n’avons aucun pouvoir de nous en éloigner !

Les causes anthropiques d’un réchauffement sont les seules sur lesquelles on peut agir

Le coût de cette action est à mettre en balance avec celui de l’inaction... la bataille des chiffres sera pire que celle des convictions qui a déjà mis en évidence la mauvaise foi des protagonistes.

Et pendant ce temps là elle tourne ( l’heure ! )

Est-ce bien sur qu’il n’est jamais trop tard ?

Réaction de nicolas : De toute façon, je trouve que ce débat ne sert à rien. Responsabilité athropique ou pas, nous polluons et consommons trop point à la ligne. Même si c’était seulement pour éliminer le smog et augmenter la qualité de l’air qu’on adoptait des énergies vertes ce serait gagné. Si quelqu’un nie que nous devons changer nos habitudes, c’est le pire des crétins.!!

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