FRANCE — Estimant ne plus avoir les moyens de gérer l’urgence social à laquelle il est confronté, Xavier Emmanuelli le Président Fondateur du Samu Social depuis 1993, démissionne de ses fonctions. Le désengagement financier du gouvernement marqué par la loi finance 2011, conduit les associations dans l’impasse.
Le Samu Social qui est un Groupement d’Intérêt Public (GIP) dont le financement est assuré à 92% par l’État a observé cette année une réduction de 24% de son financement. Contraint de fermer les portes du seul centre d’accueil d’urgence parisien réservé aux femmes isolés, le Samu Social fait face à d’importantes difficultés. En effet, l’hébergement d’urgence du Samu Social qui manquait déjà de 13 000 places en région parisienne, voit avec ce désengagement une réduction de 2 000 nuités par jour.
Le Président d’Emmaüs dénonce le désengagement de l’État
Le Président d’Emmaüs, Christophe Deltombe, a estimé ce mercredi au micro d’Europe 1 que le cri d’alarme poussé avec cette démission était tout à fait justifié. Christophe Deltombe a dénoncé le désengagement de l’État dans le domaine de l’accueil d’urgence alors qu’il y aurait actuellement 100 000 personnes à la rue. La situation de l’hébergement d’urgence est chaotique, les associations n’ont plus les moyens de venir en aide aux familles et aux enfants qui sont contraint de vivre dans la rue.
Benoist Apparu, le secrétaire d’État au logement, a indiqué de son côté que le gouvernement défendait une nouvelle stratégie basée sur le logement à long terme en priorité et non sur l’hébergement d’urgence qu’il n’estime pas satisfaisant à long terme. Le Collectif des Associations Unies (Emmaüs, Secours catholique, FNARS, Fondation Abbé Pierre, Enfants de Don Quichotte…) indiquait de son côté que les projets du gouvernement fondé sur le long terme, ne devaient pas occulter l’extrême urgence à court terme.
Une décision saluée par l’association Droit au Logement (DAL)
Dans un entretien au Charlie Hebdo, le Président Fondateur du Samu Social a annoncé sa démission de la présidence de l’organe d’aide d’urgence aux sans abris, en évoquant un situation devenu ingérable. Xavier Emmanuelli a été salué par l’association Droit au Logement (DAL) pour sa décision qualifié de « courageuse ». Le DAL a précisé que la décision du gouvernement d’abandonner à la brutalité et la violence de la rue des personnes vulnérables, des familles, des femmes, des enfants ou encore des invalides était contraire à l’obligation qui lui incombe d’accueillir sans condition ces gens.
L’hébergement d’urgence, principale victime des restrictions budgétaires de l’État, a vu ses fonds diminuer de 41 millions d’euros cette année. Le désengagement de l’État se poursuivra dans le budget 2012 pour atteindre une diminution estimée à 64 millions d’euros. C’est un coup de massue important qui est porté aux associations dont la survie dépendent de ces fonds.
En tout pour 2011, le gouvernement a décidé une restriction budgétaire de l’ordre de 80 millions d’euros, ces fonds étaient destinés à la prévention de l’exclusion et à l’insertion des personnes vulnérables.
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