EUROPE — Ce vendredi, le gouvernement français a annoncé qu’il maintenait sa position sur la clause de sauvegarde pour la culture du maïs OGM de type MON810. Position qui est jugée infondée par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA).
L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) estime que l’interdiction de la France sur le maïs génétiquement modifié MON810, produit par l’entreprise américaine Monsanto, n’est pas justifiée. Selon l’AESA “Aucune preuve scientifique, en termes de risques pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement, n’a été fournie pour justifier l’invocation d’une clause de sauvegarde“.
Selon des sources diplomatiques cités par le quotidien Le Monde, la Commission européenne doit maintenant étudier la position de l’AESA. Ensuite, elle ordonnera très probablement à la France de lever son embargo.
Le maïs MON810 était le seul OGM cultivé en France à des fins commerciales, il n’a pas été semé en 2008 et reste interdit en France sur la position d’une clause de sauvegarde.
Le ministre de l’Ecologie Jean-Louis Borloo et la secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet indiquent, qu’outre la position du gouvernement français, la France a initié en mars 2008 des travaux pour “renforcer l’évaluation environnementale des plantes génétiquement modifiées“.
De son côté, Greenpeace a pour sa part estimé dans un communiqué que cet avis de l’AESA n’est pas justifié. Cette décision “grave qui pourrait ouvrir la voie à la ré-autorisation de ce maïs en France“, a été prise “au mépris des doutes sérieux soulevés par les études scientifiques“.
La clause de sauvegarde européenne permet d’interdire provisoirement la culture ou la vente d’un organisme génétiquement modifié autorisé dans l’UE, en invoquant un risque pour la santé ou l’environnement. Les Etats membres utilisant cette clause doivent présenter à Bruxelles des éléments scientifiques “nouveaux” pour la justifier.
Source : Le Monde
