Publié le lundi 20 février 2012 à 19:58, mis à jour à 05:41

Prix du baril : les analystes économistes craignent un choc pétrolier

Prix du baril : les analystes économistes craignent un choc pétrolier

Les analystes économistes sont inquiets de la situation énergétique actuelle. Le prix du pétrole qui n’a cessé de croître depuis le printemps arabe, poursuit sa progression. Cette situation, compliquée par l’instabilité au Proche-Orient, fait craindre un gigantesque choc pétrolier selon les spécialistes.

Les prix respectifs du Brent, le pétrole de la mer du nord et du light sweet crude américain (WTI) étaient de 117 et 100 dollars US à la mi-février 2012. Le prix du brut n’a cessé de croître, en dépit de l’augmentation de la production américaine due à l’utilisation de la technique de fracturation hydraulique. Ce niveau de prix est dû à un bon nombre de paramètres parmi lesquels on peut citer l’instabilité au Proche-Orient attribuable au printemps arabe qui perdure. A l’instar de la Syrie, du Yémen et de l’Egypte, certains pays subissent encore les soubresauts de cette crise qui a profondément marqué la région. Un autre facteur déterminant est l’accroissement de la demande des pays émergents parmi lesquels la Chine joue un rôle prépondérant. A ces causes, s’ajoutent les réactions imprévisibles du régime iranien et les menaces proférées par Israël à l’encontre de l’Iran. L’impact de l’Iran s’amenuise cependant en raison du tarissement des investissements étrangers et de l’accroissement de la demande intérieure du pays. Certains analystes prédisent que l’Iran pourrait devenir un importateur de pétrole sous peu. Le pays est fragilisé également par les innombrables embargos occidentaux dont les effets sont maintenant perceptibles. Les experts ont même calculé qu’un arrêt total des exportations iraniennes n’occasionnerait qu’un déficit de 2 millions de barils jours que pourrait aisément être comblé l’Arabie Saoudite et les autres nations arabes hostiles à l’Iran.

Des facteurs militant pour une baisse des cours du brut existent pourtant. Parmi eux figurent la révision à la baisse de la demande mondiale de pétrole pour l’année 2012. Cette baisse de l’ordre de 500.000 barils/jour est motivée par la crise économique européenne. Un autre facteur est l’augmentation constante de la production saoudienne amorcée depuis 2011. Cette augmentation qui a presque atteint 10 millions de barils/jour, avait été initiée en vue de combler le déficit de production des autres pays membres de l’OPEP. On peut également s’appuyer sur le retour à la normale de la production libyenne qui a surpris tout le monde. Mais, ces facteurs demeurent insuffisants pour freiner la hausse amorcée par les cours du brut. La situation se complique avec les dernières décisions de l’Iran.

Le pays de Mahmoud Ahmadinejad a encore défrayé la chronique aujourd’hui en étendant ces menaces de cessation d’exportation à de nouvelles nations européennes. Après la France et le Royaume-Uni l’Iran, vers lesquels elle a cessé ses exportations de brut, l’Iran a menacé de fermer le robinet aux Pays-Bas, à l’Allemagne, la Grèce, le Portugal, l’Italie et l’Espagne. Le porte-parole du gouvernement iranien a martelé que les exportations iraniennes vers les pays ci-dessus cités allaient s’interrompre si les actions hostiles engagées par eux à l’encontre du régime iranien ne prenaient pas immédiatement fin. Si les premiers pays visés, à savoir la France et le Royaume-Uni, ne sont nullement inquiétés, il n’en est pas de même pour les autres. La Grèce, l’Italie et l’Espagne sont fortement dépendantes des exportations iraniennes. Un arrêt brutal des exportations de brut iranien risquerait de leur être fortement préjudiciable. Selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie, 30% des importations grecques et 13 % des importations italiennes proviennent de l’Iran. L’Iran ne veut pas en rester là car le pays tente de s’organiser en vue de maintenir la pression. Une réduction drastique des exportations de brut vers l’Europe est en préparation. Le président de la compagnie nationale du pétrole NIOC, Ahmad Ghalebani, qui s’exprimait au nom des autorités iraniennes a prévenu que cette stratégie n’aurait aucune incidence sur les cours du brut iranien.

Cette situation détonante n’a eu d’autre effet que de doper la hausse déjà amorcée par les cours du brut. En début d’après-midi du lundi 20 février 2012, le prix du baril de Brent s’est hissé à 120,80 dollars US tandis que celui du WTI connaissait une embellie de 2,11 dollars pour s’établir à 105,35 dollars US. Cette situation déliquescente a amené d’éminents spécialistes tels que Philippe Chalmin, professeur d’histoire économique à l’Université de Paris Dauphine, à évoquer l’éventualité d’un choc pétrolier majeur.

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