Publié le dimanche 29 janvier 2012 à 15:12, mis à jour le 14 mai à 12:35

Finance Carbone, la Nature en Bourse !

Finance Carbone, la Nature en Bourse !

De tout temps le monde de la finance a été à la recherche de moyen de gagner le plus rapidement possible de l’argent. Depuis la première action émise en 1602 par la compagnie des Indes Néerlandaises, les financiers ont inventé toute une pléthore de produits afin de générer de plus en plus de profit. Création des produits dérivés (warrants, clics options ...), spéculation sur les monnaies (marché global Forex), spéculation sur les matières premières et les produits alimentaires (céréales, métaux, fibres textiles, bétail ...), spéculation sur les taux d’intérêt, sur l’immobilier, en fait sur tout ce qui s’achète et se vend, tout est bon pour faire de l’argent. N’est-il pas scandaleux que la spéculation sur les denrées alimentaires primaires soient autorisées, ne pourrait-on pas au moins interdire la spéculation sur le riz ?

Mais c’est avec l’avènement d’internet que la spéculation a pris des proportions démesurées, internet a en effet donné des moyens considérables aux spéculateurs, en particulier la rapidité de l’internet permet de réagir en temps réel et d’anticiper les tendances dues à la moindre rumeur de couloir, rumeur de couloir souvent provoquée par les acteurs directs de la spéculation. La vitesse de l’internet crée un puissant effet de levier en exagérant les écarts de cotation avec comme effet direct la création de bulles spéculatives qui se terminent immanquablement par des crises majeures. Les différents soubresauts économiques et financiers qui se succèdent régulièrement depuis une quinzaine d’année en sont la preuve, pas moins de 10 krachs depuis 1987 dont l’éclatement de la "bulle internet" de septembre 2000 à mars 2003 avec une chute de 65% de l’indice CAC 40 et plus près de nous la crise immobilière américaine qui a provoqué entre autres plusieurs faillites de banque et des chutes en cascade des différentes bourses mondiales avec en point d’orgue le grand krach d’octobre 2008 ), ces périodes d’instabilité ne sont pas mauvaises pour tous, les traders n’ont jamais gagné autant d’argent que durant ces temps d’instabilité.

La Vache à Carbone

Les rapaces de la finance ont trouvé depuis peu un nouveau cheval de bataille pour engranger encore plus : La Compensation Carbone ! Il se sont rués dans la brèche laissée béante par les gouvernements incapables de se mettre d’accord sur un moyen simple et efficace de compenser ne serait-ce que quelques pour-cents de l’émission de CO2 produite par l’activité humaine.

On en peut que constater avec tristesse que la compensation carbone est, de fait, devenu un simple produit financier fonctionnant à peu près comme un contrat à terme. Il sert juste à donner bonne conscience au pollueur (compagnies aériennes, pétroliers, cimentiers ...) et à engraisser toute la filière de la haute finance. Seule une petite partie de l’argent récoltée est distribuée gracieusement à quelques ONG complices du système. Cette argent, donné avec force médiatique, est gaspillé outrageusement en projets sans envergure et ostensiblement en 4x4 flambants neufs, en consultations diverses, voyages internationaux ... et finalement seule une infime partie de l’argent arrive en bout de chaîne vers ceux à qui il était destiné.

On ne peut que déplorer qu’aucun véritable projet de capture du CO2 n’est financé par le crédit carbone, car les acheteurs n’achètent pas de crédits carbone aux entreprises et organismes qui font de la reforestation durable, sous le prétexte fallacieux que les forêts peuvent brûler !!! Alors que seule une reforestation massive des zones déboisées de la planète pourrait capturer suffisamment de CO2 pour ralentir (peut-être !) le changement climatique en cours, ce qui est sur c’est que la reforestation permet de stopper de manière significative l’érosion accélérée constatée sur ces endroits dépourvus arbres et qu’elle permet de juguler l’exode rural par la relance d’une véritable micro économie locale.

Des contrats à terme comme on aime !

Les projets carbone du système ONG sont d’abord financés et ensuite, à terme, mise en œuvre, puis validés comme effectués. Un modèle type de « Contrat à Terme » ou « Futures Contract », le produit rêvé à mettre sur les marchés financiers, aucun risque, acheté à bas coûts aujourd’hui ils seront de superbes outils fiscaux quand ils seront validés à terme. Seulement le commanditaire, le contrôleur et l’exécutant ont leurs intérêts croisés, ils font partie intégrante de ce système de type ONG et ils ne risqueront jamais de se tirer une balle dans le pied en refusant la validité du contrat qu’eux même ont réalisé. Ce sont donc non seulement de pures produits spéculatifs par leur nature, mais en plus la réalisation du contrat qui permet la spéculation est biaisée par le système lui même !

Pas de reboisement, ni reforestation, une arme stratégique...

A ce stade il est important de faire le distinguo entre la reforestation et le reboisement.

Reboisement : Il s’agit de replanter des arbres sur des zones déboisées récemment ou non sans se soucier de la provenance des essences, le but étant de recréer rapidement des forêts à des fins commerciales. Pour le reboisement, on choisit donc des essences à croissance rapide, ce sont essentiellement des eucalyptus et des pins. Le problème de ces types d’arbres est qu’ils ont tendance à appauvrir les sols en les rendant acide. Les eucalyptus, originaires d’Australie et massivement replantés en Afrique, sont malheureusement dans ce cas là. Toutefois le reboisement a l’avantage d’être vite utilisable par les populations locales, il permet également de stopper une partie de la déforestation et de ralentir l’érosion des sols. On ne peut donc pas considérer que le reboisement (en Afrique ou ailleurs) est une action significative sur la réduction de CO2 puisque ces forêts reboisées sont destinées à être utilisées comme combustible. Mais on peut tout de même considérer que le reboisement est bénéfique puisque pendant que les bûcherons coupent les arbres issus du reboisement ils ne détruisent pas les forêts existantes et enfin que le bois est une énergie renouvelable.

Reforestation : Il s’agit ici de recréer une forêt de jadis, on replantera donc des essences locales, endémiques, le but étant de redonner au paysage l’aspect d’antan. Une zone reforestée n’est pas destinée à être coupée, elle doit donc être surveillée sans cesse et cette surveillance doit être particulièrement attentive les 5 premières années en raison des feux de brousse et on considère qu’une reforestation est réussie si au bout de 15 ans les arbres ont pu croître sans dommage. La reforestation est entreprise pour les générations futures, on peut même avancer que c’est pour le bien de l’humanité toute entière. La reforestation est l’unique moyen de capter du CO2 de manière pérenne, c’est la seule vraie compensation carbone.

En réalité ce qui fait peur au parlement Européen c’est de devoir verser une « Dîme Pollution » aux pays Africains.

  1. Le Complot Carbone
  2. Qu’est ce que la compensation Carbone ?
  3. Des bâtons dans les roues de la reforestation
  4. L’ONG Système ou L’Europafric
  5. Le Carbone en Bourse pourquoi ?
Finance Carbone, la Nature en Bourse !
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