Le transport des matières radioactives est un exercice difficile et délicat qui nécessite des précautions particulières. En cas de négligence quelconque, cela peut avoir des conséquences désastreuses sur toute la société. Au cours d’une même année, ce sont des centaines de milliers de colis contenant des matières radioactives qui sont transportées à travers le monde. En France, près de 940 000 déplacements de ce genre sont effectués à travers 615 000 transports durant l’année. Avant de procéder au transport de ces matières hautement dangereuses, il est nécessaire d’accorder une attention particulière aux différents types de colis à faire. Il s’agit en effet de se baser sur le degré de radioactivité des différentes matières à déplacer, l’important étant d’assurer la non prolifération afin de protéger l’homme et son environnement. Selon que la matière à transporter détienne un niveau de radioactivité élevé ou non, le colis devra être robuste et approprié. C’est pourquoi, avant d’entamer un quelconque déplacement, des tests sont d’abord entrepris pour s’assurer de la résistance du colis à n’importe quel choc. Des simulations de chute, d’immersion et même de feu sont ainsi effectuées afin d’éliminer tout risque. Aucun emballage radioactif ne peut et ne doit être déplacé s’il n’a pas passé avec succès toutes ces étapes. Tout ceci se déroule sous la vigilance des autorités de sûreté qui sont chargées de fournir des agréments pour le transport des matières radioactives.
Formation des colis avant le déplacement des matières radioactives
Il existe divers types de colis chargés de contenir les matières radioactives et ceux-ci sont formés à partir d’un protocole de sécurité très strict. On trouve ainsi des colis de type A qui font référence à des matières dont la radioactivité est jugée moyenne. Ici, il s’agit principalement de matières ayant servi à fabriquer des produits pharmaceutiques. On fait un emballage pour celles qui sont solides, un autre pour les liquides ou les gaz et enfin un autre pour les fissiles. Ce genre de colis, une fois formé, passe par des épreuves d’aspersion qui consistent à simuler de fortes pluies. Ensuite, on teste la capacité du colis à résister aux chutes. A cet effet, on en provoque sur une surface indéformable à une hauteur de 1m20 pour les matières solides et de 9 m pour les liquides ou les gaz. Les épreuves de feu ne concernent que les matières fissiles en ce qui concerne les colis de type A. Ensuite, il y a la formation des colis de type B. Cette catégorie concerne les matières à forte radioactivité tels que les déchets nucléaires vitrifiés ou le plutonium.
On teste la résistance aux chocs de ces colis en effectuant des chutes à hauteur de 9 m. L’assurance de leur solidité en situation d’embrasement se fait par une exposition au feu pendant 30 minutes, à environ 800°C. Ces colis sont aussi immergés jusqu’à près de 200m pour être certain de leur étanchéité. Une troisième catégorie de colis est réalisée et concerne les industriels. Ces colis ont un niveau de radioactivité faible ou moyenne et sont constitués de minerais ou de composés d’uranium. On vérifie leur capacité de résistance grâce à des chutes de près de 2 mètres. Ce genre de colis est également soumis à l’épreuve du feu. Un dernier type d’emballage existe pour le transport des matières radioactives. Il s’agit de colis exceptés relatifs à des matières dont la radioactivité est très faible. Pour ces colis, on procède à des tests habituels de résistance aux chocs et aux chutes. Certaines matières radioactives sont contenues dans des fûts métalliques ou des contenants en acier épais de plus de 20 cm. Cependant, quels que soient les tests passés par ces différents colis, leur déplacement dépend toujours de l’agrément de l’autorité de sûreté. Toutefois, ces dispositions strictes ne peut prévenir à 100% les risques de contamination environnementale.
Les risques liés au transport de matières radioactives
Lors du déplacement des matières radioactives, il existe de sérieux risques pour l’environnement. Certaines négligences humaines sont à la base de l’augmentation de ces risques, malgré toutes les dispositions de sécurité qui sont adoptées. Il n’est pas rare que des colis non agréés soient transportés à la suite de nombreuses erreurs lors de leur formation. On se retrouve avec des étiquetages erronés et un non respect des limites de remplissage des colis. Les erreurs d’étiquetage font que lors du transport, on pense parfois déplacer une catégorie de matières radioactives qui ne l’est pas en réalité. On ne maîtrise donc pas le degré de radioactivité ce qui fait qu’on ne prend pas toutes les précautions qu’on aurait pris en connaissant le contenu de sa cargaison. Il est aussi relevé que ces risques sont augmentés par le manque de formation des agents chargé du transfert de ces matières. Ces personnes doivent en effet être bien informées sur le niveau de radioactivité de chaque matière à transporter de manière à mieux évaluer l’impact négatif en cas d’exposition dans l’environnement.
Il faut également prendre en compte l’ensemble des manutentionnaires des ports dans cette formation car ceux-ci devraient être à même d’identifier un conteneur de produits radioactifs et de prendre les précautions qui s’imposent. Par ailleurs, il fut un temps où étaient constatés des vols de colis. Même s’il s’avère que cette situation est en nette diminution actuellement, ce cas de figure reste tout de même classé au niveau 1 des causes de contamination radioactive. Parfois, les colis radioactifs contiennent des corps étrangers. Ce genre de présence, en cas d’incompatibilité avec des matières radioactives, est de nature à augmenter le caractère dangereux de l’ensemble. C’est pourquoi, les procédures de constitution des colis doivent être respectées à la lettre, avec une observation minutieuse de chaque matière à emballer. Tous les opérateurs engagés dans le transport des matières radioactives doivent mesurer la nécessité de faire ce travail avec professionnalisme, sous l’arbitrage de l’autorité de sûreté qui devrait veiller au grain et avec rigueur.
