Publié ce lundi, un rapport de Greenpeace remet en cause certaines conclusions du rapport de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN). Cette dernière avait réaffirmé en janvier la bonne santé des centrales nucléaires françaises. Le rapport de Greenpeace signale, quant à lui, que plusieurs risques n’ont pas été pris en compte.
Avec son nouveau rapport, Greenpeace voulait montrer que beaucoup de scénarios n’ont pas été pris en compte par les organismes de surveillance du nucléaire en France. L’organisation écologique répond en fait au rapport de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) publié en janvier dernier. Dans celui-ci, les experts constataient pour leur part la bonne santé des centrales nucléaires françaises. Suite à son évaluation, l’ASN a demandé à ceux qui exploitent les centrales (EDF et les autres) de recenser les actions à mener en cas d’accidents. Pour Greenpeace, les exploitants n’ont pas examiné suffisamment de facteurs de risques, alors que ceux-ci sont nombreux. Ce sont donc seulement les scénarios les plus vraisemblables qui ont été considérés, alors que d’autres scénarios comme les inondations en cas de séisme ont été oubliés.
Greenpeace met aussi en lumière le vieillissement des matériaux qui doit aussi être pris en compte dans les évaluations. Elle revient également sur les risques d’actes de malveillance dont l’ASN n’a pas tenu compte dans son étude. On pense notamment à des risques de sabotages terroristes. Il faut toutefois signaler que ces questions de sécurité ne sont pas occultées par les autorités, mais seulement elles ne relèvent pas des compétences de l’Autorité de sureté du nucléaire et sont plutôt gérées par la défense. Pour Greenpeace, cette façon de procéder manque de transparence et de cohérence. Par ailleurs, pour produire des évaluations plus fiables, l’organisation souhaite qu’elles soient validées par des chiffres et des études. En effet, Greenpeace estime que de simples affirmations même s’ils proviennent d’experts ne suffisent pas à garantir la sûreté nucléaire.
Greenpeace se refuse toutefois à mettre en cause la crédibilité de l’ASN et de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire). Elle salue d’ailleurs les avancées dans le sens de la transparence. Tout ce qu’elle souhaite, c’est l’élargissement du champ des risques considérés comme vraisemblables, afin de rendre le nucléaire plus sûr.
C’est avec l’accident de Tchernobyl que le monde a ouvert pour la première fois les yeux sur les risques sanitaires des centrales nucléaires en cas d’accident. Récemment, la catastrophe de Fukushima a remis ce problème à l’ordre du jour.
