La fumée des incendies de forêt est meurtrière. C’est ce qu’on peut retenir de l’étude qui a été présentée le 18 février à la conférence annuelle de la Société Américaine pour l’Avancement de la Science à Vancouver, au Canada, qui a rassemblé 8 000 chercheurs de différentes compétences scientifiques. Cette fumée ferait annuellement 339 000 morts environ dans le monde, et la revue Enviromental Health Perspectives mentionne que c’est particulièrement en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-est que le plus grand nombre de décès est enregistré. C’est respectivement 157 000 et 110 000 personnes qui perdent la vie dans ces deux endroits du monde, à cause de la fumée de ces incendies de forêt. L’un des auteurs de l’étude, Fay Johnston, de l’Université de Tasmanie en Australie, trouve ce bilan lourd, et en est surpris du fait que pour lui, les gens seraient occasionnellement exposés à ces fumées. Et malgré ces chiffres alarmants, il faut s’inquiéter pour le futur puisqu’il a été prédit, lors de cette conférence, un accroissement de ces feux de brousse.
Pour se rendre compte de l’implication de la fumée dans ces décès, les auteurs de cette étude ont fait des prospections sur les endroits frappés par des feux de forêt, en se basant sur des données satellitaires. Ils ont ainsi recueilli 10 ans d’informations, de 1996 à 2006, et ont parfait leurs observations par des modèles informatiques. L’OMS leur a prêtés main forte en leur permettant d’utiliser une application qu’elle avait en sa possession. Ce modèle présente une étude sur la mortalité annuelle causée par la fumée dans le monde et a permis de démontrer que de petites particules de 2,5 micromètres, représentant une grande partie de la fumée, restent dans l’air pendant de nombreux jours. Michael Brauer, professeur à l’Université de Colombie Britannique, affirme que ces particules détériorent la qualité de l’air et entrent aussi dans les habitations. Elles causent ainsi de sérieux problèmes cardiovasculaires qui sont principalement à la base des décès liés à la fumée.
Cette étude permet ainsi de comprendre que la fumée des feux de forêt tue à petit feu, si on peut dire. Et en plus de l’implication du réchauffement climatique dans leur survenue, on constate qu’ils sont volontairement déclenchés par les hommes dans certaines régions, pour la conduite de leurs activités agricoles. On peut donc dire qu’un grand travail de sensibilisation reste à faire, et tous les états du monde doivent se sentir concernés.
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