La mer Méditerranée continue d’être polluée par des quantités importante de déchets et de produits chimiques, des experts indiquent que les systèmes de traitement et d’assainissement des eaux usagées sont insuffisants.
L’absence de stations d’épuration sur la rive sud de la mer Méditerranée est manifestement un véritable problème pour la salubrité de l’eau. A l’heure actuelle, on trouve de grandes métropoles comme Le Caire qui y rejetent directement leurs égouts.
Sur la rive nord, le problème est moins inquiétant du fait que les autorités ont pris plus rapidement conscience de la nécessité de mettre en place des stations d’épurations des eaux usées. Néanmoins sur cette rive, l’ensemble des problèmes causés par les rejets en mer ne sont pas tous réglé. En effet, il semblerait que les stations d’épurations soient sous-dimensionnées, pas aux normes ou incapable de gérer des pluies diluviennes (torrentielles).
Le principal reproche fait aux stations d’épuration présentes sur la rive nord de la Méditerranée, est leur inefficacité face aux traitements des pesticides, molécules chimiques ou produits pharmaceutiques, dont les effets à long terme pour l’écosystème sont encore peu connus.
Arthur Iwema, responsable des questions techniques à l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée :
“Pour l’instant, on élimine les matières organiques et on évite que les plages ne soient polluées mais on n’en est pas encore à imposer de retenir des matières médicamenteuses”
Louis Alexandre Romana, un des responsables scientifique de l’IFREMER (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la MER), souligne que les scientifiques commencent tout juste à se préoccuper des conséquences des rejets en mer sur la santé et l’environnement de ces produits, ainsi que des moyens visant à stopper ces rejets. Lors d’une conférence consacrée à la pollution en mer Méditerranée, il a fait part de ses interrogations : “Les premières mesures de médicaments datent de quelques années. On a trouvé en France des concentrations de paracétamol de l’ordre d’une demi-pilule par mètre cube d’eau de mer. Quels sont les effets ?”
Les inquiétudes se tournent principalement vers les produits médicamenteux mais aussi vers les rejets chimiques des exploitations agricoles et des industriels.
Bernard Cressens, directeur du programme de conservation chez WWF, apporte des informations quant à l’impact sur la faune marine de ces rejets polluants : “Une bonne partie des molécules sont rejetées telles quelles au travers des urines. Elles ne sont pas biodégradables et agissent sur la reproduction des poissons”
Il a été prouvé que certaines de ces molécules peuvent modifier la différenciation sexuelle des poissons.
Sébastien Couvray, chargé de mission écotoxicologie à l’Institut océanographique Paul Ricard indique que “Des changements de sexe ont été observés. La fécondité des poissons est modifiée. Cela pourrait modifier l’équilibre des communautés et jouer sur les stocks“.
“100.000 molécules chimiques sont susceptibles de contaminer ou polluer les écosystèmes”
Des chercheurs qui étudient la composition en micropolluants des eaux usées et traitées, puis qui évaluent en parallère l’efficacité des différentes filières d’épuration, indiquent que “100.000 molécules chimiques sont susceptibles de contaminer ou polluer les écosystèmes“.
Marina Coquery, coordinatrice du projet français Ampères, visant à étudier les conséquences de ces substances dites “émergentes”, indique, “Nous en sommes à l’étape du constat [...] Nos données ne montrent pas d’effet pour l’instant [...] il y a un grand manque de données sur les effets chroniques“, tout en soulignant que les premiers résultats des études menées autour du projet Ampères seront connus qu’à partir de juin 2009.
Source : AFP
