Observé pour la première fois dans le Lot-et-Garonne en 2004, le frelon asiatique (Vespa velutina) s’est depuis répandu dans 39 départements français. Révélée dès 2005 par l’entomologiste Claire Villemant, l’impact de l’invasion sur les abeilles préoccupe les scientifiques.
Selon l’entomologiste, à l’origine de cette invasion une reine aurait traversé la distance qui sépare la Chine, de la France, en hibernation dans une poterie importée de Shanghai. C’est en tout cas des importations de poteries chinoises qui sont mises en cause par Claire Villemant, l’entomologiste spécialisée dans l’étude de cette espèce d’insecte.
Cette invasion, qui commence à avoir des conséquences importantes sur les populations d’abeilles en France, progresse avec une rapidité inquiétante pour les scientifiques. Ils n’ont toujours pas trouvé le moyen de ralentir la prolifération du frelon asiatique.
Le frelon asiatique, un redoutable prédateur pour les abeilles
Les populations d’abeilles qui sont déjà confrontées à de nombreuses menaces, doivent désormais faire face au frelon asiatique pour qui elles sont un des repas favoris. Ces frelons s’attaquent principalement aux abeilles les plus vulnérables. Celles qui sont déjà fragilisées par les pesticides ou le parasite varroa deviennent des cibles idéales pour ce prédateur.
Le frelon stationne devant les ruches et attaque les abeilles lorsqu’elles rentrent avec le pollen. Cette présence permanente du frelon devant la ruche affecte de manière importante les activités de pollinisation des abeilles. Arrivé à l’hiver, toutes les abeilles d’une ruche peuvent mourir de faim à cause de cela.
Contrairement aux abeilles françaises, les abeilles chinoises savent se défendre contre cette espèce de frelon. En effet, le frelon asiatique meurt d’hyperthermie à partir d’une température de 45°C. Par un frottement d’ailes les abeilles chinoises forment une boule qui augmentent la température autour d’elles et qui leur permet de se protéger. Cette technique n’est pas maîtrisée par les abeilles françaises qui sont de ce fait, des proies d’autant plus faciles pour ce prédateur.
Une étude de cette espèce par l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA) est actuellement en cours afin de trouver un moyen d’en ralentir la prolifération. Les chercheurs de l’unité Santé Végétale du centre Inra de Bordeaux travaillent à la mise au point de pièges olfactifs et visuels pour combattre ce redoutable insecte. En janvier 2009, le conseil général de Gironde incitait les particuliers à créer des pièges, cependant il n’existe à jour aucun piège sélectif pour le frelon d’Asie. Ce qui signifie qu’un piège créé à l’aide d’une bouteille plastique découpée, comme préconisé, pourrait piéger d’autres espèces d’insectes, parfois même des insectes protégées.
Aucune mesure scientifique ne permet d’identifier avec un minimum de précision l’impact réel du frelon asiatique sur les populations d’abeilles, mais nuls doutes quant au fait que la prolifération de l’espèce a des répercussions sur les ruchers.
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