C’est un bond de 100 millions d’années que vient d’effectuer la science grâce à la découverte d’un site préhistorique isolé au milieu d’une formation géologique datant du jurassique et se situant à Rooidraai, à l’est de Cape Town. La datation de ces vestiges a permis de se rendre compte que le site était âgé de plus de 190 millions d’années. En 1976, la construction d’une autoroute dans la zone avait mis à nu, lors des excavations, des indices révélateurs. Ce n’est que 30 ans plus tard, soit en 2006, que les recherches ayant permis la découverte de ce site de nidification ont finalement débuté. Après 6 années de travail acharné, les paléontologues peuvent être fiers de leur découverte. Ils ont en effet dégagé de la roche de nombreux nids dont les plus grands contiennent jusqu’à 34 œufs.
Le site était occupé par des prosauropodes, un groupe de dinosaures appartenant au genre Massospondylus. En plus des nids, les fouilles ont permis de découvrir de nombreux embryons ainsi que des squelettes d’adultes. Des empreintes de pattes de jeunes dinosaures ont été également découvertes. L’étude de ces empreintes a révélé que les progénitures de ces grands lézards étaient quadrupèdes alors que les adultes sont bipèdes. Ces empreintes sont les plus vieilles preuves du comportement de bébés dinosaures. Les comparaisons faites entre la taille des membres postérieurs et antérieurs des nouveaux nés et des jeunes ont permis de comprendre que les bébés dinosaures passaient un certain nombre de temps dans le nid avant d’être capables de se déplacer. L’étude de ce site a montré que les dinosaures étaient fidèles à leurs sites de nidification et que leur nidification se faisait par colonie. Cependant, on ne peut savoir si les dinosaures prodiguaient des soins à leurs progénitures.
Les dinosaures, des reptiles de très grande taille, sont apparus sur terre il y a des millions d’années maintenant. Notre éléphant actuel est de petite taille face à ces mastodontes que nous ne connaissons qu’à travers les squelettes qu’ont découverts les paléontologues à travers leurs différentes fouilles. Tout porte à croire que les dinosaures ont disparu lorsqu’une météorite a heurté la terre, crééant un immense nuage de poussière qui a recouvert toute la terre, détruisant ainsi tous les végétaux dont se nourrissaient la plupart des dinosaures. L’étude de la vie de ces animaux est très difficile car elle ne peut se faire qu’à travers des vestiges fossilisés, c’est-à-dire changés en pierre.
Les erreurs d’appréciation sur la vie des dinosaures sont légions. L’un des cas les plus frappants est celui de « l’oviraptor ». Ce dinosaure avait reçu ce nom car son squelette avait été trouvé près d’un ensemble d’œufs et son nom signifiait « voleur d’œufs ». Les découvertes postérieures ont permis de comprendre que cet animal, loin d’être un mangeur d’œuf, était bien au contraire une mère couveuse. Il a été de ce fait rebaptisé. La découverte du site est donc une véritable aubaine pour la communauté scientifique car son âge très avancé permettra, sans nul doute, d’accomplir de grands progrès dans l’étude des dinosaures. Rappelons que le site de nidification le plus âgé ayant été découvert avant lui datait de 90 millions d’années seulement, site qui était occupé par des sauropodes appartenant aux familles des Hadrosauridés et des titanosauridés.
L’étude de ce site âgé de 190 millions d’années a été conduite par une équipe composée de chercheurs sud-africains et canadiens et dirigée par Robert R. Reisz, paléontologue des vertébrés à l’Université de Toronto Mississauga au Canada. Les résultats de l’étude ont été publiés dans le Proceedings of the National Academy of Sciences, le journal de l’académie des sciences des États-Unis (Pnas). Une grande partie du site reste à explorer car elle est encore recouverte de roches. Les chercheurs ont bon espoir que cette partie leur permettra de progresser dans la connaissance de la biologie et du mode de vie des Massospondylus.
