Publié le vendredi 12 mars 2010 à 12:00

15e Conférence sur le commerce international des espèces menacées

15e Conférence sur le commerce international des espèces menacées

QATAR — C’est demain que s’ouvre la 15e conférence de la CITES (convention sur le commerce international des espèces de faunes et de flore sauvage menacées d’extinction). Les représentants des 175 pays membres se réunissent, du 13 au 25 Mars à Doha au Qatar.

La CITES est un accord international entre États. Entrée en vigueur il y a 35 ans, son objectif est de veiller à ce que le commerce international des spécimens d’animaux et de plantes sauvages ne représente pas une menace pour la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

Cette année, en plus de la problématique liée au commerce du thon rouge, fortement évoquée ces derniers mois dans les médias, c’est plus de 40 propositions qui seront soumises à considérations au cours de cette 15e conférence triennale.

Parmi ces propositions, on retrouve notamment celles de certains gouvernements qui demandent ce cesser d’appliquer la réglementation CITES pour des espèces qui ne sont plus menacées grâce aux efforts de la convention.

Néanmoins, la plupart des propositions reflètent la préoccupation internationale croissante face à l’accélération de la destruction des écosystèmes marins et forestiers du monde, qui sont le résultat de la surpêche et de l’abattage excessif des arbres, et des impacts potentiels du changement climatique sur les ressources biologiques de la planète.

Seront aussi amenés sur la table des négociations, des questions qui incluent notamment l’adoption de mesures urgentes contre le commerce illégal du tigre, des rhinocéros et d’autres espèces au bord de l’extinction. La protection des écosystèmes marins sera aussi sur la table des négociations avec des proposition incluant la protection de plusieurs espèces comme le thon rouge, le requin-marteau, le requin océanique, le requin-taupe, l’aiguillat commun, le corail rouge et le corail rose.

Une augmentation du budget nécessaire à la CITES sera aussi débattu au cours de ces réunions. Le budget annuel de la CITES est actuellement d’environ 5 millions de dollars US, ce qui est largement en dessous du besoin réel pour garantir la mise en œuvre des mesures dont l’adoption seront proposés à Doha ces prochains jours.

Le thon rouge, au cœur des débats médiatiques

Ces derniers mois, la mise en avant de la problématique liée à la surpêche du thon rouge a soulevé de nombreux débats. Monaco propose notamment une interdiction totale du commerce international du thon rouge (proposition 9).

Les pays de l’Union Européenne seraient largement en faveur d’une interdiction de la pêche du thon rouge au niveau international, de même que les États-Unis, qui se sont récemment prononcés sur la question. D’un autre côté, le Japon serait farouchement opposé à un telle proposition.

En effet, le Japon est le premier consommateur de thon rouge, une consommation qui représente 80% de la pêche mondiale du thon rouge, utilisé principalement pour la confections des sushis et des sashimis. Les débats risquent donc d’être vif sur ce sujet, car le Japon tient à ce que sa position sur le sujet soit entendu.

La protection des éléphants et le commerce de l’ivoire

La protection des éléphants et le commerce international limité de l’ivoire sera au cœur des débats, dont les principaux acteurs seront les pays africains.

La CITES a interdit le commerce international de l’ivoire en 1989. En 1997 et en 2002, reconnaissant que certaines populations australes de l’éléphant d’Afrique étaient saines et bien gérées, elle a autorisé l’Afrique du Sud, le Botswana, la Namibie et le Zimbabwe à vendre au Japon plus de 150 tonnes d’ivoire de leurs stocks.

Cette année à Doha, la Tanzanie et la Zambie chercheront à obtenir elles aussi la possibilité de vendre leurs stocks gouvernementaux qui se sont accumulés avec le temps.

D’un autre côté, le Congo, le Ghana, le Kenya, le Libéria, le Mali, le Rwanda et la Sierra Leone proposent l’arrêt du commerce international limité d’ivoire de l’éléphant d’Afrique et demandent un moratoire de 20 ans avant que soit soumise une quelconque proposition pour assouplir le contrôle du commerce international des éléphants d’Afrique.

Site Officiel : CITES
Crédit Photo : Flickr

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