Publié le samedi 13 novembre 2010 à 12:00, mis à jour le 14 mai 2012 à 13:24

Le gaspillage alimentaire : un constat alarmant

Le gaspillage alimentaire : un constat alarmant

Pour l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation, France Nature Environnement en collaboration avec le réseau national des épiceries solidaires (A.N.D.E.S.), a publié un dossier de presse sur le gaspillage alimentaire en France, et il est pour le moins édifiant.

Sur une période d’un an, chaque français jette en moyenne, au moins 20kg de nourriture, dont 7kg de produits alimentaires encore emballés, non entamés. Comment éviter ce gaspillage ?

Yaourts, viande, plats préparés… Sur une année, chaque français jette en moyenne 7kg de produits alimentaires encore emballés. Un chiffre qui ne prend même pas en compte les fruits et légumes avariés, le pain rassis, les restes de plats cuisinés etc. Le gaspillage alimentaire représenterait ainsi au minimum, 20kg de déchets par an et par français. Selon une étude britannique, il s’agit en fait d’un quart des produits alimentaires acheté qui termine dans la poubelle des ménages.

« Plus de 50% des terres agricoles, sont exploitées pour rien »

Des champs à nos assiettes, l’ensemble des pertes est estimé à environ 55% de la production agricole mondiale (pertes de productivités, pertes pendant le stockage, gaspillages etc.). Celà représente donc une exploitation inutile de plus de la moitié des terres agricoles.

Lionel Vilain, chargé de mission agriculture pour France Nature Environnement, indique « il ne faut pas oublier que le gaspillage alimentaire représente autant de pollutions des sols inutiles ou de consommation d’eau pour irriguer ces mêmes terres. Il est certain que des économies très importantes pourraient être réalisées, économies qui permettraient probablement d’éviter d’avoir à doper la production agricole à grands coups de pesticides ou de déforestation, sans compter également les bénéfices économiques et sanitaires pour la population ».

En effet, toute cette production alimentaire non consommée a pour sa production, consommée au moins de la terre arable, de l’eau, de l’énergie et des engrais. Il faut aussi prendre en considération les différentes transformations que subissent les « matières premières alimentaires », le transport de ces produits alimentaires, leur distribution et leur emballage, qui sont autant d’éléments faisant appel à de l’énergie, des machines, des infrastructures qui émettent des pollutions et gaz à effet de serre, qui représentent un impact environnemental important. Et même en fin de vie, ces produits alimentaires continuent d’avoir un impact environnemental (collecte et traitement des déchets).

Avec une meilleure gestion des aliments, de leurs filières et de leur réseau de distribution, le gaspillage alimentaire généré par les ménages, la grande distribution et la restauration pourrait être évité.

Pénélope Vincent-Sweet, Membre du conseil d’administration et Responsable thématique Déchets pour France Nature Environnement, indique « Une moyenne de 20kg de nourriture gaspillée par habitant représente 1 200 000 tonnes de déchets par an qu’on aurait pu éviter en France. Cela représente également une quantité importante de gaz à effet de serre liée à l’élimination de ces déchets inutiles par incinération ou mise en décharge. »

L’éducation à la valeur environnementale des aliments

Selon la FAO, 90% des personnes n’auraient pas conscience de la quantité de nourriture qu’ils jettent. La valeur environnementale des produits consommés est aussi un élément dont peu de personnes sont vraiment conscientes.

Qui pourrait deviner par exemple, que lorsque l’on jette une baguette de pain, c’est une baignoire d’eau que l’on jette indirectement ? Et pourtant, c’est le volume d’eau qui a été nécessaire à sa production.

Un programme d’éducation, intégré au cursus scolaire, pourrait permettre de redonner progressivement aux gens, les notions de valeur des aliments en rendant compte de leur coût environnemental, voire de leur coût économique additionné.

Quelques conseils pour moins gaspiller

Apprendre à organiser son réfrigérateur

Une des causes du gaspillage alimentaire des ménages vient de là. Un aliment placé au mauvais endroit périmera plus vite, que s’il avait été placé au bon endroit. Chaque réfrigérateur possède une zone froide pour les laitages, viandes crues, charcuteries… Une zone fraiche pour les poissons et viandes cuites, pâtisseries… Une zone plus tempérée pour les fruits et légumes. Enfin, on réservera la porte du frigo pour les oeufs, le beurre et les boissons.

Par exemple, le fait de mettre les aliments dans des boites de conservation réutilisables permet de préserver les aliments des contaminations.

Pour éviter le gaspillage, il faut aussi limiter la prolifération de bactéries dans le frigo. C’est pourquoi il faut prendre soin de nettoyer régulièrement son réfrigérateur.

L’art de cuisiner les restes

Pain perdu, hachis parmentier, soupes, pudding … Il existe des centaines de recettes pour utiliser les restes alimentaires, alors pourquoi ne pas s’y intéresser plutôt que de jeter directement ?

Découvrir les trucs et astuces pour conserver les aliments

Conserver un fruit entamé grâce à du jus de citron, garder ses champignons de Paris dans du journal, arroser d’eau bouillante des pommes fripées pour qu’elles retrouvent leur aspect, mettre une salade flétrie dans de l’eau tière, utiliser les antiseptiques naturels pour conserver les aliments … Les astuces pour mieux conserver les aliments ne manquents pas.

Préférer la coupe et le vrac

Opter pour les aliments à la coupe ou en vrac, permet d’acheter la quantité juste. Une économie réalisée sur une vente par lot, si c’est pour finir à la poubelle, ce n’est plus vraiment une économie. Dans le même temps, celà permet de réduire considérablement les déchets d’emballages.

(Re)prendre le réflexe de la liste de courses

Nombreux sont ceux qui vont faire leurs courses en ayant, de tête, une idée approximative de ce qu’ils ont besoin d’acheter. Après s’être assuré de l’état des stocks dans les armoires, faire une liste de courses celà permet éviter d’acheter plus que nécessaire.

Apprendre à gérer les dates de péremption

Toutes les dates de péremption n’ont pas la même signification (« Consommer de préférence avant le », « A consommer jusqu’au »…). Certaines de ces dates sont même abusive. Est-ce que le sel périme réellement ? Il y a en général 2 type de dates, les DLC (date limite de consommation) et les DLUO (date limite d’utilisation optimale).

La DLUO est une date indicative, apposée sur les denrées (produits d’épicerie, conserves, boissons). Passée cette date, les produits peuvent encore être commercialisés et consommés, mais leurs qualités organoleptiques et nutritionnelles ne sont plus garanties. Ils « risquent » d’avoir moins de goût, moins de vitamines, d’être plus secs, plus mous… sans pour autant constituer un danger pour celui qui les absorberait.

La DLUO s’exprime sur les emballages par la mention « À consommer de préférence avant le… » et elle concerne par exemple le café, les conserves, les produits surgelés, les biscuits secs…

Ceci dit, il faut faire plus attention à la DLC (date limite de consommation). La DLC est une date limite impérative qui doit être apposée sur les denrées alimentaires microbiologiquement périssables susceptibles, après une courte période, de présenter un danger immédiat pour la santé humaine.

La DLC s’exprime sur les conditionnements par la mention « A consommer jusqu’au… » et concerne par exemple les denrées très périssables : lait frais, yaourts, viande en barquette, charcuteries fraîches, plats cuisinés frais etc.

Enfin, avoir un marqueur sous la main dans sa cuisine, pour indiquer la date d’ouverture des aliments sur les emballages, cela permet de ne pas appliquer de « principe de précaution » sur des aliments, en les jetant arbitrairement.

Privilégier les circuits courts

Consommer local, c’est non seulement éviter la production de gaz à effet de serre, mais c’est aussi limiter les pertes liées au transport et au stockage des aliments. De plus, en consommant local, on se rend mieux compte de la saisonnalité des aliments. Ainsi on adapte les menus, et on mange, à titre d’exemple, beaucoup de fraises au mois de juin, davantage de tomates ou de cerises en été etc.

Et les producteurs s’y retrouvent : moins de stockage, de pertes et donc moins de gaspillage. Plus les lieux de consommation sont éloignés des lieux de consommation, plus la chaîne d’approvisionnement devient complexe et les risques de perte augmentent.

Inventer de nouveaux modèles de gestion des aliments

Il nous appartient tous de lutter contre le scandale environnemental, moral, social et économique lié au gaspillage alimentaire.

Benoît Hartmann, porte parole de France Nature Environnement, indique de ce fait : « De la grande distribution au particulier, la somme de nos gestes pourrait à la fois réduire notre empreinte écologique, notre pression sur les ressources et notre émission de polluants tout en permettant à chacun, dans la dignité, de se nourrir à sa faim. Une société riche et moderne ne saurait tolérer que perdure un système qui revient à jeter par la fenêtre argent, pesticides, gaz à effet de serre au mépris des populations les plus précaires. »

Crédit photo : Flickr
Dossier de presse : http://www.fne.asso.fr/com/dossierpresse/dp_gaspialimentairevf.pdf

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Réactions des visiteurs

Réaction de Yves : "Il nous appartient tous de lutter contre le scandale environnemental, moral, social et économique lié au gaspillage alimentaire" Très bien, mais en quoi faisant ? Il y a deux semaines, je suis allé prendre un panier de légumes d’une AMAP dont je suis membre intermittent pour remplacer une autre personne qui ne pouvait pas venir prendre son panier. Au bout de quelques jours, la moitié des patates étaient avariées : j’ai été obligé de les jeter. Je n’allais pas me rendre malade même au nom de l’écologie, si ? Je suis à 100 % d’accord pour privilégier les circuits courts et c’est ce que je fais : habitant en région parisienne, j’achète essentiellement des légumes et fruits produits, sinon en Ile-de-France, en région Centre (val de Loire), en Normandie, Picardie. Je suis donc locavore, démarche consistant à consommer les aliments produits le moins loin possible du lieu de consommation. Cependant, je ne peux pas toujours trouver des produits faits à proximité, notamment les fruits d’été produits dans le sud de la France.
Réaction de Aurélie : Manger un yaourt périmé depuis 7 jours est sans danger. Une pomme de terre germée n’a jamais tué personne. On trouve aujourd’hui tout un tas de conseils et de matériels pour conserver ses aliments. Il n’y a pas d’excuses, le gaspillage c’est parce que les gens le veulent bien et que la société de consommation les y encourage !
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